
Kinshasa,2 août 2026 (TOP243NEWS). – À l’occasion de la Journée nationale de commémoration du GENOCOST, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, accompagné de la Distinguée Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, s’est recueilli ce dimanche au Mémorial du GENOCOST à Kinshasa, en présence de rescapés, des familles des victimes et de plusieurs autorités nationales.
Dans une cérémonie empreinte de recueillement et de solennité, le Chef de l’État a rendu hommage aux millions de Congolais victimes des violences armées et des atrocités perpétrées depuis plusieurs décennies.
Ému par les témoignages des survivants, il a rappelé que « aucune vie ne saurait être réduite à un chiffre », soulignant que chaque victime représente une histoire, une famille et une dignité qui ne doivent jamais être oubliées.
Le Président Tshisekedi a insisté sur le fait que cette journée de mémoire ne constitue « ni un appel à la haine ni une invitation à la vengeance », mais une invitation à la résilience, à la vérité et à la justice.
« La République se tient debout, dans le silence, le recueillement et la dignité pour honorer la mémoire des victimes », a-t-il déclaré.
Évoquant la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, le Chef de l’État a fermement dénoncé les violences attribuées aux rebelles de l’AFC/M23, qu’il présente comme soutenus par le Rwanda.
Il a condamné ce qu’il a qualifié d’« entreprise meurtrière fondée sur une logique de conquête et de prédation », estimant qu’elle porte atteinte à la souveraineté nationale, menace l’intégrité territoriale du pays et prive les populations de leur droit fondamental à vivre en paix.
Face au risque de banalisation des crimes et au négationnisme, le Président de la République a appelé les Congolais et la communauté internationale à préserver la mémoire collective.
Selon lui, le souvenir doit devenir « un rempart contre le retour des atrocités », rappelant que « la mémoire ne saurait être un simple regard porté sur le passé. Elle est une exigence du présent et une responsabilité envers l’avenir ».
Afin d’inscrire cette politique mémorielle dans la durée, Félix Tshisekedi a annoncé le lancement de la phase opérationnelle du Musée national du GENOCOST, présenté comme un complexe scientifique de portée internationale destiné à conserver les archives, documenter les crimes et transmettre cette histoire aux générations futures.
Sur le plan social, le Président a également ordonné au gouvernement d’intégrer, dès le prochain exercice budgétaire, le financement de la Stratégie nationale d’appropriation du GENOCOST afin de permettre l’indemnisation des survivants.
Il a rappelé avec fermeté que « les réparations ne sont ni une faveur ni un acte de charité publique. Elles constituent une obligation de justice ».
Dans la même dynamique, les représentations diplomatiques et consulaires de la RDC auront désormais pour mission de promouvoir une « diplomatie de la mémoire, de la vérité et de la justice », afin de renforcer la reconnaissance internationale du GENOCOST et de sensibiliser la communauté internationale aux tragédies vécues par les populations congolaises.
En conclusion de son intervention, le Chef de l’État a plaidé pour une justice internationale impartiale, rejetant toute hiérarchisation des souffrances humaines.
« La justice ne peut se prétendre universelle si elle tolère une hiérarchie entre les victimes, les mémoires ou les souffrances.
Elle ne devient véritablement universelle que lorsqu’elle reconnaît à chaque vie humaine la même dignité, à chaque victime le même droit à la vérité et à chaque peuple le même droit à la justice », a-t-il affirmé.
Par ce message, les autorités congolaises réaffirment leur volonté de faire du GENOCOST un devoir de mémoire national, mais aussi un dossier majeur de justice, de réparation et de reconnaissance sur la scène internationale.
Mike Pakoto | TOP243NEWS
