
Kinshasa, 16 juillet 2026 (TOP243NEWS).-Les travaux consacrés à l’examen du rapport de la Commission économique, financière et de bonne gouvernance (ECOFIN) sur le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 ont donné lieu à un débat nourri au Sénat.
Parmi les interventions les plus remarquées, celle du sénateur Jean Bamanisa Saïdi, qui a soulevé plusieurs interrogations de fond sur la cohérence des analyses et des conclusions présentées par la commission.
D’entrée de jeu, le sénateur a salué le travail réalisé par la Commission ECOFIN dans des délais particulièrement courts, tout en estimant que certaines parties du rapport nécessitaient des clarifications avant son adoption.
Jean Bamanisa s’est notamment interrogé sur le maintien du taux de croissance du PIB réel dans les hypothèses macroéconomiques, alors que le taux de croissance du PIB nominal n’a pas été repris dans les mêmes conditions.
Il a également relevé une divergence concernant le taux de change moyen retenu entre le projet de loi et le rapport de la commission, appelant à une harmonisation des données afin de garantir la crédibilité du document budgétaire.
Le sénateur a aussi contesté l’affirmation selon laquelle la Commission aurait « créé » un fonds destiné au financement de la santé. Selon lui, ce mécanisme existe déjà à travers le Fonds de promotion de la santé, chargé notamment du financement de certains programmes sanitaires. Il a invité la commission à corriger cette formulation afin d’éviter toute confusion.
Sur le volet des recettes publiques, Jean Bamanisa a estimé que le rapport présentait une contradiction. Alors que la commission affirme n’avoir dégagé aucune recette additionnelle, elle évoque pourtant un montant supplémentaire de plus de 320 milliards de francs congolais.
Pour le sénateur, cette formulation mérite d’être revue afin de refléter fidèlement la réalité des ajustements budgétaires.L’élu de Kisangani a également remis en question l’orientation des travaux de la commission, estimant qu’elle aurait davantage consacré ses efforts aux auditions des régies financières, des entreprises publiques et des établissements publics qu’à la recherche de nouvelles marges budgétaires destinées à renforcer les secteurs prioritaires, notamment la santé, l’éducation et la sécurité.
Jean Bamanisa a enfin plaidé pour un rapport davantage centré sur les préoccupations exprimées par les sénateurs lors du débat général, notamment la mobilisation de recettes supplémentaires et la préservation des crédits alloués aux secteurs sociaux et stratégiques.
Les échanges se sont poursuivis avec les interventions d’autres sénateurs, portant notamment sur les allégements fiscaux en faveur des intrants destinés à la fabrication locale du ciment, la mobilisation des recettes extérieures ainsi que les mécanismes de financement des investissements publics.
Le rapport de la Commission ECOFIN devrait faire l’objet de réponses et d’éventuels amendements avant son adoption définitive par la Chambre haute du Parlement.
Mike Pakoto |TOP243NEWS.
