
Kinshasa,6 juillet 2026 (TOP243NEWS).-En ouvrant la troisième édition de la Conférence des présidents des Assemblées provinciales (COPAP 2026), le président du Sénat,Jean-Michel Sama Lukonde, a placé la décentralisation au cœur des priorités institutionnelles de la République démocratique du Congo. Son message intervient dans un contexte où les provinces restent confrontées à des tensions politiques récurrentes, à des contraintes budgétaires et à une insécurité persistante dans l’est du pays.
Créée pour renforcer le dialogue entre les institutions provinciales, la COPAP constitue l’un des principaux cadres de concertation sur la gouvernance territoriale.
Cette édition intervient alors que plusieurs provinces continuent d’être secouées par des crises institutionnelles opposant les assemblées provinciales aux gouvernements provinciaux, avec pour conséquence un ralentissement de l’action publique et de la mise en œuvre des politiques de développement.
Face à cette réalité, Jean-Michel Sama Lukonde a réaffirmé la vocation du Sénat, institution constitutionnellement représentative des provinces, à jouer un rôle d’interface entre les pouvoirs provinciaux et le Gouvernement central.
« Le Sénat, émanation des provinces, se tiendra toujours à vos côtés », a-t-il déclaré, promettant de porter auprès de l’Exécutif les recommandations issues de ces assises afin qu’elles débouchent sur des réformes concrètes plutôt que sur de simples résolutions.
La décentralisation, un chantier encore inachevé
Près de deux décennies après l’entrée en vigueur de la Constitution de 2006, qui a consacré la décentralisation comme pilier de l’organisation de l’État, sa mise en œuvre demeure confrontée à de nombreux défis. Les difficultés liées au transfert effectif des compétences, au financement des provinces, à la gouvernance locale et aux relations entre les exécutifs provinciaux et les assemblées délibérantes continuent d’alimenter des blocages institutionnels.
Dans cette perspective, les travaux de la COPAP 2026 s’articulent autour de quatre priorités : dresser un état des lieux de la gouvernance dans les 26 provinces, renforcer les mécanismes de prévention des crises institutionnelles, harmoniser les positions des assemblées provinciales dans la défense des intérêts des entités décentralisées et améliorer les capacités des élus provinciaux en matière de gouvernance et de contrôle parlementaire.
Au-delà des questions institutionnelles, ces travaux visent également à renforcer la redevabilité des pouvoirs provinciaux et à rapprocher davantage l’action publique des citoyens.
Une gouvernance sous la pression des crises
L’ouverture de la conférence intervient dans un environnement particulièrement complexe. À l’est de la République démocratique du Congo, les violences attribuées à l’AFC/M23 continuent de peser sur la stabilité nationale, tandis que la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans certaines provinces rappelle la fragilité du système sanitaire.
Ces défis sécuritaires et sanitaires s’ajoutent aux contraintes économiques qui limitent les capacités d’action des administrations provinciales et accentuent les attentes des populations en matière de gouvernance.
Dans ce contexte, le président du Sénat a souligné que l’institution reste pleinement engagée dans les grands dossiers nationaux, notamment les réformes constitutionnelles et les réflexions sur le cadre juridique du référendum, estimant que la consolidation des institutions provinciales constitue un préalable à une gouvernance plus efficace.
Un test pour la vision de décentralisation
Les conclusions de la COPAP 2026 seront observées comme un indicateur de la capacité des institutions congolaises à relancer le processus de décentralisation voulu par la Constitution et soutenu par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Au-delà des déclarations d’intention, l’enjeu sera de transformer les recommandations attendues en réformes opérationnelles, capables d’améliorer la gouvernance locale, de prévenir les crises politiques dans les provinces et de renforcer la cohésion entre les différents niveaux de l’État.
Pour de nombreux observateurs, la réussite de cette conférence pourrait constituer un signal important de la volonté des institutions congolaises de consolider durablement la décentralisation comme moteur du développement territorial.
Mike Pakoto|TOP243NEWS.
