
Kinshasa,22 Juin 2026 ( TOP243NEWS ).– Alors que le débat sur la révision ou le changement de la Constitution continue d’alimenter la scène politique congolaise, le constitutionnaliste Jean-Marie Kabengela affirme qu’il existe une autre option. Lors d’un échange avec la presse au Silkin Village, il a présenté ce qu’il qualifie de « troisième voie » pour répondre aux défis institutionnels actuels sans engager directement une nouvelle révision constitutionnelle.
Selon lui, cette alternative consiste à revisiter la loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006. Jean-Marie Kabengela rappelle que cette loi avait été adoptée sous la présidence de Joseph Kabila au motif que plusieurs dispositions de la Constitution n’étaient plus adaptées aux réalités politiques, économiques et sociales du pays. À l’époque déjà, les autorités avaient constaté des difficultés de fonctionnement des institutions nationales et provinciales ainsi que des dysfonctionnements non prévus par le constituant originel.
Pour le juriste, ceux qui s’opposent aujourd’hui à toute discussion sur la révision ou le changement de la Constitution ne devraient pas ignorer le précédent de 2011. Il estime que la loi de révision adoptée à cette époque mérite elle-même d’être modifiée afin de corriger certaines dispositions qu’il juge inadaptées aux besoins actuels du pays.
Jean-Marie Kabengela cite notamment la question du mode d’élection du Président de la République. Il considère que le passage à la majorité relative a affaibli la légitimité du chef de l’État. Selon son analyse, un candidat peut être élu avec une faible proportion des suffrages exprimés tandis qu’une large majorité de l’électorat aurait voté pour d’autres candidats. Il plaide ainsi pour un retour à un système garantissant une majorité absolue, conformément à l’esprit du constituant originel qui recherchait, selon lui, une légitimité incontestable du Président de la République.
L’analyste constitutionnel évoque également la question du pouvoir judiciaire. Il soutient que la Constitution de 2006 considérait les cours, tribunaux et parquets comme un ensemble relevant du pouvoir judiciaire. Or, la révision de 2011 aurait, selon lui, détaché les parquets de ce pouvoir, créant ainsi une situation qui mérite d’être réexaminée.
À travers cette proposition, Jean-Marie Kabengela affirme vouloir ouvrir une réflexion sur des mécanismes juridiques permettant d’adapter les institutions de la République aux réalités actuelles, sans nécessairement passer par une nouvelle révision constitutionnelle globale. Une position qui relance le débat sur les voies de réforme des institutions dans un contexte marqué par de fortes divergences politiques autour de l’avenir de la Constitution congolaise.
Willyeve Diakuantinu.
