
Rome, 28 octobre 2026(TOP243NEWS). Réunie à Rome, en Italie, les 26 et 27 octobre, la Coalition des 64 (C64), regroupant plusieurs figures de l’opposition politique congolaise non armée, propose une médiation entre le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et son prédécesseur, Joseph Kabila Kabange. L’objectif est de favoriser un dialogue national inclusif susceptible de contribuer à la résolution de la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC).
Dans une déclaration lue le mardi 27 octobre, le collectif annonce son intention de rencontrer séparément les deux personnalités afin de rechercher une issue politique à la crise. La C64 entend ainsi favoriser l’émergence d’un consensus national autour d’un dialogue qu’elle souhaite inclusif, dans le but de préserver les intérêts fondamentaux du pays.
Pour cette plateforme de l’opposition, la résolution de la crise congolaise ne peut reposer exclusivement sur la voie militaire. Elle plaide pour des discussions impliquant toutes les parties au conflit, afin de mettre un terme à l’escalade des violences dans l’Est du pays et de répondre à l’urgence humanitaire.
La C64 insiste également sur la nécessité de coordonner le processus de Doha et de lui donner des résultats concrets et vérifiables, notamment en matière de respect du cessez-le-feu, de contrôle des engagements pris, de protection des populations civiles et d’accès à l’aide humanitaire.
Le collectif réclame, par ailleurs, l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle notamment au retrait des forces étrangères du territoire congolais.
La loi sur le référendum au cœur des tensions politiques
Au-delà de la situation sécuritaire, la déclaration de Rome est marquée par une vive opposition à la loi sur le référendum, adoptée le 23 octobre par l’Assemblée nationale après une nouvelle délibération.
Matata Ponyo, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund, figures associées à cette plateforme, dénoncent ce qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel ». Ils estiment que cette loi pourrait ouvrir la voie à une remise en cause des dispositions constitutionnelles encadrant notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.
« Une majorité parlementaire ne peut s’affranchir de la Constitution », préviennent les opposants, qui rappellent que la législation relative au référendum ne saurait contourner les dispositions verrouillées de l’article 220 de la Constitution congolaise.
Cet article protège notamment certaines dispositions fondamentales relatives à la forme républicaine de l’État, au suffrage universel, à la forme représentative du gouvernement et à la durée ainsi qu’au nombre des mandats présidentiels.
Rejet d’un troisième mandat et de la prise du pouvoir par les armes
Dans sa déclaration, la C64 réaffirme son attachement à l’indépendance, à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la RDC. Elle s’oppose à toute modification constitutionnelle qu’elle considère comme une menace pour l’ordre démocratique, à tout troisième mandat présidentiel, à tout report des élections prévues en 2028 et à toute tentative de maintien au pouvoir par le contournement des échéances constitutionnelles.
La coalition rejette également toute prise de pouvoir par les armes ainsi que toute entreprise de balkanisation du territoire national.
Dans cette logique, elle condamne aussi bien les initiatives qu’elle considère comme une tentative de contournement de la Constitution que le recours à la force armée pour conquérir le pouvoir. Une position qui vise notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le mouvement rebelle M23, actifs dans l’Est de la RDC.
Un dialogue national comme voie de sortie de crise
À travers cette initiative, la C64 entend se positionner comme un acteur de médiation dans un contexte marqué par la persistance du conflit armé dans l’Est du pays et les tensions politiques à Kinshasa.
Sa proposition intervient alors que plusieurs initiatives de dialogue, notamment celles portées par les confessions religieuses et des partenaires internationaux, cherchent toujours à favoriser un cadre de concertation susceptible de rapprocher les différentes forces politiques congolaises.
Reste à savoir si cette offre de médiation entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pourra obtenir l’adhésion des principaux acteurs concernés et déboucher sur un véritable dialogue national inclusif.
Mike Pakoto | TOP243NEWS