
Kinshasa, 22 Juin 2026 ( TOP243NEWS ).– Lors d’un échange avec la presse tenu au Silkin Village, le constitutionnaliste Jean-Marie Kabengela s’est exprimé sur plusieurs questions d’actualité touchant aux domaines constitutionnel, législatif et politique. Son intervention a notamment porté sur les récentes ordonnances-lois du gouvernement, le projet de loi sur le référendum ainsi que le rôle des confessions religieuses dans le débat politique national.
Sur le plan législatif, Jean-Marie Kabengela a vivement critiqué l’ordonnance-loi modifiant certaines dispositions du Code judiciaire militaire. Selon lui, cette réforme aurait été adoptée pour répondre à un cas particulier concernant la poursuite de hauts gradés de l’armée devant la justice militaire. Il estime que le gouvernement aurait dû privilégier la promotion des magistrats militaires concernés plutôt que de modifier la loi afin de permettre qu’un général quatre étoiles soit poursuivi par un magistrat de grade inférieur. Il a également remis en cause la conformité de la loi d’habilitation ayant permis l’adoption de cette ordonnance-loi, estimant qu’elle ne respectait pas les exigences de l’article 129 de la Constitution.
L’analyste constitutionnel a également émis des réserves sur l’ordonnance-loi portant création du Tribunal pénal et financier. À l’en croire, cette juridiction spécialisée ne pourrait voir le jour dans les conditions actuelles, notamment en raison du non-respect du calendrier prévu pour sa mise en place. Il a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme une violation de la Constitution dans l’entrée en vigueur de certaines ordonnances-lois, soulignant que celles-ci devraient produire leurs effets dès leur publication officielle et non à partir de leur promulgation.
Concernant la loi sur le référendum, Jean-Marie Kabengela a reconnu l’importance de l’initiative tout en estimant qu’une simple adaptation de la législation déjà utilisée lors du référendum de 2005 aurait permis d’éviter les controverses actuelles. Il a soutenu que cette matière relève du domaine des lois organiques en vertu de la Constitution et doit, à ce titre, suivre une procédure particulière d’adoption.
Abordant enfin le volet politique, Jean-Marie Kabengela a critiqué l’implication croissante de certaines confessions religieuses dans le débat politique national. Il a notamment cité les prises de position de l’Église catholique, de l’Église du Christ au Congo (ECC) et d’autres structures religieuses sur les questions liées à la révision ou au changement de la Constitution. Selon lui, les Églises devraient privilégier un rôle de conseil plutôt que de s’engager directement dans les controverses politiques.
Réagissant à certains communiqués publiés récemment par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), il a estimé que certains passages pouvaient être interprétés comme des appels à la mobilisation politique. Il a soutenu que, dans un État de droit, de telles déclarations mériteraient un examen au regard des dispositions légales en vigueur. À l’inverse, il a salué l’attitude de certaines communautés religieuses qui, selon lui, préfèrent observer une position de neutralité tout en apportant des conseils aux acteurs publics.
Par cette sortie médiatique, Jean-Marie Kabengela réaffirme sa volonté de contribuer au débat national sur les réformes institutionnelles et les enjeux de gouvernance, tout en appelant au respect strict des dispositions constitutionnelles et légales de la République démocratique du Congo.
Willyeve Diakuantinu’
