
Kinshasa,9 juin 2026 ( TOP243NEWS ).-
L’Assemblée nationale a consacré sa séance plénière du lundi à l’examen de deux rapports majeurs pour la gouvernance publique en RDC. Sous la direction du Président de la Chambre basse, Aimé Boji Sangara, les députés ont statué sur la recevabilité du Rapport public annuel de la Cour des Comptes pour les exercices 2024-2025 et du Rapport annuel d’activités 2025 de la Commission Nationale des Droits de l’Homme.
Le premier rapport a été présenté par le Premier Président de la Cour des Comptes, Jimmy Munganga, qui a exposé les conclusions des contrôles sur l’exécution du budget du pouvoir central et des provinces. S’appuyant sur l’article 172 de la Constitution, il a dressé l’état des finances publiques, salué les avancées en matière de gouvernance tout en relevant des insuffisances dans l’exécution budgétaire. Le document formule plusieurs recommandations pour renforcer la transparence, la redevabilité et l’efficacité dans la gestion des ressources publiques. La plénière a déclaré le rapport recevable et l’a renvoyé à la Commission Économique et Financière pour un examen approfondi, en lien avec le projet de loi portant reddition des comptes 2025.
La Chambre s’est ensuite penchée sur le rapport de la CNDH présenté par son président, Paul Nsapu Mukulu. Il a décrit une année marquée par un contexte sécuritaire préoccupant, notamment l’occupation de certaines entités de l’Est par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23, et la recrudescence de la milice Mobondo à l’Ouest. Malgré ces contraintes, la CNDH a poursuivi ses missions de promotion et de protection des droits humains à travers la sensibilisation, le monitoring des violations, le traitement des plaintes et les visites de lieux de détention. Le président de la CNDH a toutefois souligné les défis persistants : ressources limitées, faible couverture territoriale et nécessité de renforcer la collaboration interinstitutionnelle.
La présentation a suscité un débat houleux avant que le Bureau de l’Assemblée nationale ne renvoie le rapport à la Commission mixte Politique, Administrative et Juridique et Droits de l’homme. Avec le renvoi des deux rapports aux commissions permanentes compétentes, Aimé Boji confirme la volonté de l’Assemblée nationale de pousser l’examen des recommandations pour renforcer la gouvernance, la transparence institutionnelle et la protection des droits fondamentaux en RDC.
Willyeve Diakuantinu.
