
Kinshasa,13 octobre 2026 (TOP243NEWS).- La gestion de l’hygiène et de la salubrité publiques en République démocratique du Congo (RDC) suscite des interrogations. À travers cinq questions adressées au ministre de la Santé publique Dr Roger Samuel Kamba,par le sénateur Jean-Paul Boketsu dénonce ce qu’il considère comme une insuffisance d’actions dans la lutte contre l’insalubrité, alors que des maladies liées aux mauvaises conditions d’hygiène, notamment le choléra et la fièvre typhoïde, continuent de représenter une préoccupation sanitaire lors de la question orale avec débat adressé au patron de la Santé publique par le sénateur Michel Lingepo ce mardi à Kinshasa.
Au cœur de son interpellation figure la responsabilité du ministère de la Santé dans la prévention des maladies liées à l’environnement. Si le ministère intervient dans la lutte contre certaines épidémies, Jean-Paul Boketsu s’interroge sur son engagement en matière d’hygiène publique, particulièrement dans les villes où les déchets, les eaux usées et l’absence d’assainissement adéquat exposent les populations à des risques sanitaires.
Cinq questions pour interpeller les autorités sanitaires
1. Où sont passés les inspecteurs sanitaires ?
Jean-Paul Boketsu s’interroge sur la disparition progressive, selon lui, des inspecteurs sanitaires autrefois chargés de contrôler les conditions d’hygiène dans les domiciles, les hôtels, les restaurants et les établissements recevant du public.
Il déplore que ces agents soient davantage perçus comme des collecteurs d’argent que comme des acteurs de prévention et de protection de la santé publique. Il appelle ainsi à recentrer leurs missions sur le contrôle du respect des normes sanitaires.
2. Pourquoi le choléra et la fièvre typhoïde continuent-ils de faire des victimes ?
La persistance du choléra et de la fièvre typhoïde à Kinshasa et dans d’autres grandes villes du pays constitue une autre préoccupation soulevée par Jean-Paul Boketsu.
Selon son analyse, la promiscuité, le manque d’accès à l’eau potable et les mauvaises conditions d’hygiène favorisent la propagation de ces maladies. Il s’interroge sur les mesures préventives mises en œuvre par le ministère de la Santé pour réduire durablement les risques de contamination.
3. Pourquoi les marchés et les restaurants échappent-ils aux normes d’hygiène ?
Dans plusieurs marchés, l’absence de toilettes adéquates, l’exposition de la viande à même le sol et les conditions d’exploitation de certains restaurants informels soulèvent des inquiétudes sur la sécurité sanitaire des aliments.
Jean-Paul Boketsu interpelle le ministre sur le contrôle de ces établissements et demande, en substance, pourquoi les normes d’hygiène ne sont pas rigoureusement appliquées pour protéger les consommateurs.
Il estime que la surveillance sanitaire des lieux de vente et de préparation des aliments devrait constituer une priorité des services compétents.
4. Comment expliquer le passage de produits dangereux aux frontières ?
L’interpellation porte également sur le contrôle sanitaire aux frontières de la RDC. Jean-Paul Boketsu s’étonne que, malgré la présence de services chargés de l’hygiène aux postes frontaliers, des médicaments contrefaits ou des denrées alimentaires avariées puissent encore pénétrer sur le territoire national.
Il appelle à renforcer les mécanismes de contrôle afin d’empêcher la circulation de produits susceptibles de mettre en danger la santé des consommateurs.
5. Qui assume réellement la responsabilité de la salubrité publique ?
La dernière question concerne la coordination entre les ministères de la Santé publique, de l’Environnement, de l’Urbanisme et de l’Intérieur.
À Kinshasa, les caniveaux obstrués, les déchets accumulés et les eaux usées qui débordent sur certaines voies illustrent, selon Jean-Paul Boketsu, les difficultés persistantes de l’assainissement urbain.
Face à cette situation, il demande de clarifier le rôle du ministère de la Santé : doit-il assurer la coordination des actions sanitaires liées à la salubrité ou intervenir uniquement dans le cadre de ses compétences sectorielles ?
Pour lui, le partage des responsabilités entre les institutions ne devrait pas servir de prétexte à l’inaction.
Un appel à la responsabilité et à l’action
Au-delà de ces cinq questions, Jean-Paul Boketsu appelle les autorités congolaises à faire de l’hygiène publique une priorité effective. Il plaide notamment pour la redynamisation de l’inspection sanitaire, le renforcement des contrôles dans les marchés et les restaurants, une meilleure surveillance des produits aux frontières ainsi qu’une coordination plus efficace entre les services publics concernés.
Son interpellation met en évidence un enjeu majeur : la prévention des maladies ne peut reposer uniquement sur la prise en charge des malades ou la riposte aux épidémies. Elle nécessite également des mesures durables en matière d’accès à l’eau potable, de gestion des déchets, d’assainissement et de respect des normes sanitaires.
Pour Jean-Paul Boketsu, l’hygiène publique dépasse la simple question de propreté : elle engage directement la protection de la vie humaine. Il revient désormais aux autorités compétentes de clarifier leurs responsabilités et de renforcer les actions concrètes pour améliorer les conditions sanitaires de la population.
Mike Pakoto | TOP243NEWS