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RDC:DeniseNyakeru Tshisekedi participe à l’engagement des chefs coutumiers  pour abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables aux femmes

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Kananga, 5 septembre 2026.-Un pas important vient d’être franchi dans la lutte contre les pratiques coutumières portant atteinte aux droits des femmes dans l’espace Kasaï. À Kananga, des chefs coutumiers ont pris un engagement en faveur de l’abolition des pratiques traditionnelles jugées préjudiciables aux femmes, en présence de la Première Dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi.

Dans plusieurs communautés du Kasaï, certaines pratiques coutumières continuent de fragiliser les droits des femmes et des jeunes filles, parfois en contradiction avec les dispositions légales en vigueur. Les violences conjugales, les mariages précoces, la répudiation des femmes victimes de violences sexuelles ainsi que les restrictions à l’accès à l’éducation et à l’emploi figurent parmi les situations dénoncées.

Le lourd impact du phénomène Kamuina Nsapu

Le phénomène Kamuina Nsapu a également aggravé la vulnérabilité de nombreuses femmes, notamment des femmes mariées victimes de violences sexuelles. Certaines ont été répudiées de leur foyer conjugal, contraintes de payer de lourdes amendes ou encore soumises à diverses formes d’humiliation.

Face à cette situation, l’ONG Femme main dans la main pour le développement intégral, basée au Kasaï-Central, a initié un dialogue avec les autorités traditionnelles afin d’identifier les pratiques coutumières préjudiciables et de plaider pour leur abandon.

Selon sa présidente, Nathalie Kambale, cette démarche visait notamment à favoriser la réintégration des femmes victimes de violences sexuelles au sein de leurs foyers.

« Nous nous sommes rapprochés des autorités traditionnelles, vu toutes les formes de coutumes avilissantes, surtout avec la guerre de Kamuina Nsapu qui a impliqué plusieurs femmes mariées victimes de violences sexuelles, répudiées de leur foyer conjugal. Nous avons fait ce plaidoyer pour que ces femmes puissent regagner leur foyer conjugal », a-t-elle expliqué.

Les chefs coutumiers prennent un engagement

Soutenu par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), ce processus de dialogue communautaire a abouti à la signature d’un acte d’engagement par les chefs coutumiers.

L’objectif est de contribuer à faire évoluer les pratiques traditionnelles afin de mieux protéger les droits des femmes et de renforcer l’application des lois de la République au sein des communautés.

Le représentant résident de l’UNFPA en RDC, Alain Akpadji, a salué cette démarche, soulignant l’importance du dialogue avec les autorités traditionnelles.

« L’UNFPA, avec les autres agences du système des Nations Unies, a beaucoup soutenu ce dialogue communautaire, notamment à travers le renforcement des capacités des ONG féminines sur la manière de s’engager avec les chefs coutumiers », a-t-il indiqué.

Denise Nyakeru appelle à privilégier paix, justice et éducation

Présente à cette cérémonie, la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi a exhorté les chefs traditionnels à jouer pleinement leur rôle dans la promotion de la paix, de la justice et de la cohésion au sein des communautés.

Elle a également appelé les parents et les autorités coutumières à encourager les jeunes filles à poursuivre leur scolarité, considérant l’éducation comme un levier essentiel d’émancipation et de développement.

« Pour moi, c’est une première de voir que les chefs coutumiers acceptent de coopérer et comprennent l’importance de bannir tout ce qui est injustice selon les coutumes », a déclaré la Première Dame.

De leur côté, les chefs coutumiers ont présenté à Denise Nyakeru Tshisekedi plusieurs préoccupations de leurs communautés, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et du développement socio-économique.

Une avancée pour les droits des femmes

La signature de cet acte d’engagement constitue une étape supplémentaire dans la lutte contre les pratiques traditionnelles susceptibles de porter atteinte à la dignité et aux droits des femmes dans l’espace Kasaï.

Elle ouvre surtout la voie à un dialogue renforcé entre autorités coutumières, organisations féminines et institutions publiques, avec pour objectif de concilier les valeurs culturelles avec le respect des lois de la République et des droits fondamentaux.

Mike Pakoto | TOP243NEWS

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