
Kinshasa , 19 mai 2026 ( TOP243NEWS ). – Le Vice-Premier ministre et ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a présenté les grandes lignes de la revue intitulée « La Fonction publique en chiffres », un document de redevabilité qui dresse un état des lieux détaillé de l’administration publique congolaise.

À travers ce débriefing, le gouvernement entend démontrer sa volonté d’instaurer une gestion basée sur les données, la transparence et la maîtrise des effectifs au sein de l’État.
Au cœur de cette présentation, le ministre a révélé que la République démocratique du Congo compte actuellement près de 1,9 million d’agents publics certifiés et rémunérés par l’État, tous secteurs confondus. Ce chiffre englobe notamment les fonctionnaires du régime général, les enseignants, les magistrats, les militaires, les policiers ainsi que les personnels diplomatiques et politiques.
Selon le VPM Jean-Pierre Lihau, l’État représente désormais près de 36 % de l’emploi formel en RDC, illustrant le poids considérable de la fonction publique dans l’économie nationale.
Le patron de la Fonction publique est également revenu sur la période 2017-2019, qualifiée de phase critique marquée par des recrutements massifs opérés dans un contexte de clientélisme politique. Cette situation avait conduit à une inflation des effectifs théoriques, atteignant plus de 1,2 million d’agents déclarés dans le régime général, avec comme conséquence directe l’aggravation du phénomène des agents « Non Payés ».

Face à cet héritage, Jean-Pierre Lihau a mis en avant les réformes engagées par son ministère, notamment les opérations de certification et d’identification physique des agents.
Ces opérations d’assainissement ont permis, selon le ministre, de réduire considérablement les irrégularités dans le fichier administratif. Le gouvernement affirme avoir validé 549 121 agents réguliers pris en charge par le Trésor public. À Kinshasa, l’exercice de contrôle aurait notamment permis de constater qu’à peine 148 000 agents sur les 450 000 déclarés initialement avaient été physiquement identifiés. Pour Jean-Pierre Lihau, cette démarche marque « le retour à la rigueur » et constitue une étape majeure dans la modernisation de l’administration publique congolaise.
Le VPM de la Fonction publique a également insisté sur l’amélioration progressive des rémunérations des agents publics. Le salaire moyen serait passé de 125 999 francs congolais en 2016 à plus de 516 000 francs congolais en 2025. Enfin, il a évoqué le défi du renouvellement de l’appareil étatique, révélant que plus de 311 000 agents sont actuellement éligibles à la retraite.

Avec l’accélération des départs sous la coordination de la CNSSAP, le gouvernement espère créer de nouvelles marges pour régulariser les agents non payés et poursuivre les réformes engagées dans la fonction publique congolaise.
Willyeve Diakuantinu.