
Kinshasa, 29 avril 2026 ( TOP243NEWS ). – La tentative de mise en cause parlementaire du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a été freinée net ce mercredi à l’Assemblée nationale de la RDC. En cause : une contestation de procédure soulevée par le député national Garry Sakata, qui a mis en doute la validité même de la motion de défiance initiée contre le membre du gouvernement.

Intervenant en plénière à travers une motion incidente et préjudicielle, Garry Sakata a pointé plusieurs irrégularités jugées « graves » dans la liste des signataires du document porté par le député Lady Yangotikala. Selon lui, au moins six noms poseraient problème.
Parmi les anomalies évoquées figurent :
la présence de personnes ne disposant pas de la qualité de député national ;
des erreurs d’orthographe sur certains noms, susceptibles de remettre en cause leur authenticité ;
et, par conséquent, un doute global sur la crédibilité du document.

Dans un contexte parlementaire où la rigueur formelle est essentielle, ces irrégularités ont suffi à fragiliser la démarche avant même tout débat de fond.
L’intervention de Sakata a eu un effet immédiat : la plénière n’a pas approuvé la recevabilité de la motion. En d’autres termes, le processus s’est arrêté à l’étape préliminaire, sans que les griefs formulés contre le vice-Premier ministre ne soient examinés sur le fond.

Ce rejet procédural illustre le poids des mécanismes internes du Parlement congolais, où chaque initiative doit répondre à des exigences strictes pour être débattue. La moindre faille administrative peut ainsi suffire à bloquer une procédure politiquement sensible.
Pour Jacquemain Shabani Lukoo, cette issue représente un sursis important. En échappant à un débat en plénière, le VPM évite, à ce stade, une confrontation directe avec les députés sur sa gestion des secteurs stratégiques que sont la sécurité intérieure, la décentralisation et les affaires coutumières.
Proche du pouvoir et acteur clé de l’appareil sécuritaire, Shabani reste une figure influente du gouvernement. Toutefois, cet épisode révèle que des tensions existent au sein de l’Assemblée nationale, où certains élus cherchent à exercer un contrôle plus accru sur l’action gouvernementale.

Cet incident met en lumière une réalité souvent sous-estimée : au Parlement, la bataille politique se joue aussi et parfois surtout sur le terrain procédural. Avant même les débats d’idées, la conformité des textes, la validité des signatures et le respect du règlement intérieur deviennent des armes décisives.
Dans ce cas précis, la stratégie de contestation adoptée par Garry Sakata a permis de neutraliser la motion sans confrontation politique directe, démontrant l’efficacité des outils procéduraux lorsqu’ils sont bien maîtrisés.
Si cette motion n’a pas abouti, elle pourrait néanmoins ouvrir la voie à une nouvelle tentative, cette fois mieux structurée et juridiquement solide. Dans un climat politique où les rapports entre exécutif et législatif restent dynamiques, il n’est pas exclu que la question de la responsabilité du VPM refasse surface.
Willyeve Diakuantinu.