
Kolwezi, 27 octobre 2026 (TOP243NEWS).-Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, poursuit la mise en œuvre de la politique gouvernementale visant à assainir le secteur minier en République démocratique du Congo (RDC), avec un double objectif : renforcer la transparence dans la commercialisation des minerais et accroître la participation des Congolais aux richesses générées par l’exploitation de leurs ressources naturelles.
Arrivé à Kolwezi, dans la province du Lualaba, le dimanche dernier , le ministre a consacré la journée du lundi à une mission de terrain axée notamment sur la relance des infrastructures de contrôle et le renforcement de la gouvernance de l’exploitation minière artisanale.
Musompo : relance des installations du CEEC
À Musompo, Louis Watum Kabamba a inspecté les installations et les services techniques du Centre d’évaluation, d’expertise et de certification (CEEC), notamment les ponts-bascules et le laboratoire d’analyse des minerais.
Après plusieurs années d’inactivité, la remise en service de ces équipements marque une étape importante dans la relance de cette infrastructure, inaugurée en 2023 par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Les premières opérations ont été engagées, avec le pesage d’un premier camion sur le pont-bascule remis en état, ainsi que le lancement des opérations d’échantillonnage et d’analyse des minerais. Des difficultés techniques restent toutefois à résoudre pour permettre au centre d’atteindre progressivement sa capacité nominale, estimée à 250 camions par jour.
Le ministre a insisté sur la nécessité de garantir aux coopératives minières des conditions de commercialisation transparentes, reposant sur la fiabilité du pesage, la qualité des analyses et la juste valorisation des minerais et de leurs sous-produits.
Il a également instruit les responsables concernés d’assurer un suivi quotidien des installations, de faciliter l’évacuation des camions en règle et d’élaborer un plan de gestion durable du centre.
L’objectif est de permettre aux exploitants miniers artisanaux congolais de bénéficier d’une rémunération plus juste, grâce à une meilleure maîtrise des quantités et de la qualité des minerais commercialisés.
Exploitation artisanale : renforcer l’autorité de l’État
Dans le cadre de cette mission, Louis Watum Kabamba s’est ensuite rendu à la direction provinciale de la Direction générale de migration (DGM), où il a tenu une séance de travail avec la commission interservices, élargie à la magistrature militaire et au ministère des Mines.
Cette commission est notamment chargée de coordonner la démilitarisation des sites miniers occupés par des hommes en uniforme et de renforcer l’encadrement de l’exploitation artisanale à travers les zones d’exploitation artisanale (ZEA).
Après la présentation de son dispositif opérationnel, le ministre a encouragé ses membres à poursuivre leur mission avec rigueur et détermination.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de rétablir l’autorité de l’État dans les zones minières, de lutter contre les pratiques irrégulières et de créer un environnement plus transparent pour les opérateurs légalement établis.
Les 5 % du capital minier : faire des travailleurs congolais des actionnaires
Au-delà du contrôle des opérations minières, la question de la redistribution de la richesse constitue un autre axe majeur du débat sur l’avenir du secteur en RDC.
En remettant à l’agenda la participation des travailleurs congolais au capital des sociétés minières, le ministre Louis Watum Kabamba met en avant un enjeu de souveraineté économique et de justice sociale.
Le Code minier révisé en 2018, notamment à travers son article 71 bis, a consacré le principe d’une participation d’au moins 10 % des personnes physiques congolaises au capital des sociétés minières. Le Règlement minier prévoit notamment une quote-part de 5 % destinée aux travailleurs congolais.
L’application effective de cette disposition soulève des questions importantes concernant les modalités d’acquisition des titres, leur valorisation, les droits des actionnaires existants et la protection des investissements. Ces aspects nécessitent un encadrement juridique et financier rigoureux afin de garantir la sécurité des opérations et l’effectivité des droits des bénéficiaires.
L’ambition défendue est néanmoins claire : permettre aux Congolais de ne pas être uniquement des salariés des entreprises exploitant les ressources nationales, mais également des acteurs de la création de valeur, susceptibles de bénéficier des dividendes lorsque les résultats des sociétés permettent leur distribution.
Cette orientation s’inscrit dans l’action gouvernementale conduite par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, sous l’impulsion du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
De la richesse du sous-sol à la prospérité nationale
Pour la RDC, l’enjeu consiste à concilier l’attractivité du secteur minier, la sécurité juridique des investissements et une participation accrue des nationaux aux richesses produites.
La relance des infrastructures de contrôle, l’encadrement de l’exploitation artisanale et la mise en œuvre des mécanismes de participation au capital constituent, à cet égard, des leviers complémentaires pour améliorer la gouvernance minière.
La souveraineté économique ne signifie pas l’exclusion des investisseurs internationaux. Elle suppose plutôt la construction d’un partenariat dans lequel les capitaux et les compétences contribuent au développement du pays, tandis que les Congolais accèdent à une part plus tangible et durable de la richesse créée.
Car les ressources minières sont épuisables. Leur exploitation doit donc contribuer à bâtir un patrimoine économique susceptible de profiter également aux générations futures.
La réussite de cette ambition dépendra de la mise en œuvre effective des textes, de la transparence des opérations, du contrôle des activités minières et de la capacité des travailleurs congolais à exercer réellement les droits qui leur sont reconnus.
L’enjeu est désormais de transformer la richesse du sous-sol congolais en une prospérité davantage partagée, afin que les ressources nationales contribuent non seulement à la croissance économique, mais aussi à la constitution d’un patrimoine durable pour les Congolais.
Mike Pakoto | TOP243NEWS

