jeudi, septembre 24Top2043news.com

USA:81e AG de l’ONU Judith Suminwa plaide pour l’application du droit international et la réforme du multilatéralisme

Spread the love

New York, 23 septembre 2026(TOP243NEWS).-La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, représentant le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris la parole mercredi à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York.

Dans son intervention, la cheffe du Gouvernement congolais a placé au centre de son message la défense du droit international, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, la réforme du système multilatéral ainsi que la valorisation des ressources naturelles africaines.

Judith Suminwa a appelé à restaurer la confiance dans le multilatéralisme à travers une application constante des principes de la Charte des Nations Unies, notamment l’égalité souveraine des États, le règlement pacifique des différends, le respect de l’intégrité territoriale et l’interdiction du recours à la force.

« La confiance de nos peuples dans le multilatéralisme commence là où cesse l’application d’un droit variant selon la géographie, la puissance économique ou encore le jeu des alliances », a déclaré la Première ministre.

L’Est de la RDC au cœur du plaidoyer

Une partie importante de son discours a été consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Judith Suminwa a évoqué les déplacements forcés de populations, les violences sexuelles, le recrutement d’enfants ainsi que l’occupation de territoires.

Présentant la position officielle de Kinshasa, elle a accusé le Rwanda de soutenir l’AFC/M23 et a dénoncé ce qu’elle considère comme une atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC.

La Première ministre a également rappelé les différents processus diplomatiques engagés pour parvenir à une solution au conflit, notamment l’Accord de paix de Washington, le processus de Doha et la feuille de route de l’Union africaine.

Elle a surtout insisté sur l’application des décisions déjà prises par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a-t-elle déclaré, en faisant notamment référence à la résolution 2773.

Sur la question des FDLR, Judith Suminwa a réaffirmé la position de Kinshasa selon laquelle cette question ne saurait justifier le maintien d’une présence militaire étrangère sur le territoire congolais, tout en rappelant les mesures engagées par les autorités congolaises en matière de désarmement et de démobilisation.

Pour une réforme du système des Nations Unies La représentante du Président Tshisekedi a également appelé à une réforme de la gouvernance mondiale afin de mieux prendre en compte les réalités actuelles.

« Le monde de 1945 n’est plus », a-t-elle déclaré, en évoquant notamment les mutations liées au numérique, au changement climatique, à la transition énergétique et à l’intelligence artificielle.

La RDC a réaffirmé son adhésion au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, qui constituent la position commune de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de sécurité, notamment concernant la représentation permanente de l’Afrique.

Cette question s’inscrit dans les débats plus larges de la 81e session, placée par l’ONU sous le thème de la restauration de la confiance et de la gestion des transformations mondiales.

Les minerais critiques comme levier d’industrialisation

Autre volet de son intervention : la place de la RDC dans les chaînes de valeur liées à la transition énergétique.

Judith Suminwa a plaidé pour une transformation accrue des ressources minières sur le continent et pour une meilleure répartition de la valeur créée autour des minerais critiques.

« Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale ; nous entendons en devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain », a-t-elle affirmé.

Elle a également annoncé la proposition congolaise d’un cadre mondial destiné à favoriser des chaînes de valeur des minerais critiques présentées comme « justes, traçables et résilientes », sous l’égide des Nations Unies et en partenariat avec l’Union africaine.

Santé, climat et financement du développement

La cheffe du Gouvernement a enfin abordé plusieurs priorités de développement, notamment la santé, la lutte contre l’épidémie d’Ebola, la protection du bassin du Congo et le financement des Objectifs de développement durable.

Elle a indiqué que les besoins de financement de la RDC pour accélérer la réalisation des ODD dépasseraient 70 milliards de dollars à l’horizon 2030.

En conclusion, Judith Suminwa a résumé le message de la RDC autour de trois axes : le respect du droit international, la restauration de la confiance dans le multilatéralisme et une transformation plus équitable des ressources et des opportunités de développement.

« Restaurer la confiance, c’est appliquer le droit lorsqu’il coûte, et pas seulement lorsqu’il convient. Accompagner les transformations, c’est en partager équitablement les bénéfices », a-t-elle déclaré.

À travers cette intervention, la Première ministre a réaffirmé la volonté de Kinshasa de participer aux discussions sur l’évolution du système multilatéral, tout en défendant les intérêts de la RDC sur les questions de paix, de sécurité, de développement et de valorisation de ses ressources naturelles.

Mike Pakoto | TOP243NEWS

%d blogueurs aiment cette page :