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RDC:La CENCO met pouvoir et opposition autour de la même table pour débattre du dialogue national

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Kinshasa, 16 septembre 2026(TOP243NEWS).-La question du dialogue national et inclusif s’est invitée au cœur de la deuxième édition de la Semaine Justice et Paix 2026, organisée mercredi par la Commission épiscopale Justice et Paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), au Centre interdiocésain de Kinshasa.

Placée sous le thème « Investir pour une paix inclusive afin de bâtir une RDC plus juste, où règnent la compassion, l’égalité et la dignité pour tous et toutes », la rencontre a offert un espace de confrontation entre différentes sensibilités politiques autour des enjeux, des perspectives et des conditions d’un dialogue national en République démocratique du Congo.

Dans la salle Saint-Sylvestre du Centre interdiocésain, trois personnalités ont pris part au panel scientifique : Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, Martin Fayulu, acteur politique de l’opposition, et Marie-Ange Mushobekwa, actrice politique et ancienne ministre.

Des lectures différentes sur un même processus

Les échanges ont fait apparaître une convergence sur la nécessité de rechercher des solutions par le dialogue, mais aussi des divergences sur le format, les garanties et le niveau d’inclusivité du processus.

Pour Patrick Muyaya, il serait prématuré de s’opposer au dialogue à ce stade. Le ministre estime que le processus peut encore évoluer au fil des consultations et des échanges, permettant aux différentes composantes d’y faire valoir leurs préoccupations.

Il défend par ailleurs l’idée que le dialogue initié par le président Félix-Antoine Tshisekedi n’a pas vocation à exclure une quelconque composante de la société congolaise.

Cette lecture est contestée par Martin Fayulu. L’acteur politique de l’opposition estime que le dispositif actuel ne présente pas, à ses yeux, suffisamment de garanties permettant de le considérer comme pleinement inclusif.

Il plaide pour un cadre plus large, auquel pourraient notamment être associés les acteurs engagés dans les pourparlers de Doha, afin que les différentes parties puissent rechercher ensemble des réponses à la crise que traverse le pays.

Marie-Ange Mushobekwa, pour sa part, considère qu’un véritable dialogue national devrait permettre à toutes les composantes congolaises de se retrouver autour d’une même table.

Elle appelle également à une décrispation du climat politique afin de faciliter la participation des acteurs qui se trouvent à l’extérieur du pays. Dans cette perspective, elle estime que les bons offices de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo (ECC) peuvent jouer un rôle dans la facilitation du processus.

La CENCO mise sur la confrontation des idées

La rencontre a été organisée en présence notamment de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, du secrétaire de la Nonciature, de l’abbé Georges Kalenga, secrétaire général adjoint de la CENCO, ainsi que du révérend Éric Senga de l’ECC, aux côtés de plusieurs acteurs politiques, diplomates, représentants de la société civile et autres invités.

Pour Cyril Ebotoko, secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix, cette initiative s’inscrit dans la volonté de créer un espace de réflexion sur les conditions d’un dialogue national inclusif, dans le prolongement des différentes démarches engagées autour de cette question.

La CENCO intervient ainsi comme espace de réflexion et d’échanges, sans effacer les divergences entre les participants.

Au terme des discussions, Mgr Donatien Nshole a retenu la nécessité de poursuivre la confrontation des idées. Selon lui, c’est de ces échanges entre positions différentes que peuvent émerger des pistes de solution, pour autant que les acteurs concernés fassent preuve de bonne volonté.

La paix et la justice au centre de l’initiative

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des activités de la Semaine Justice et Paix 2026, organisée autour des questions de paix, de justice, de démocratie, de bonne gouvernance et de cohésion nationale.

La démarche intervient alors que le dialogue national annoncé par le chef de l’État fait l’objet de discussions sur ses objectifs, son organisation et la participation des différentes composantes de la société congolaise. Plusieurs acteurs politiques ont exprimé des positions différentes sur ces modalités.

Pour la Commission Justice et Paix de la CENCO, l’enjeu dépasse ainsi le seul débat institutionnel. Il s’agit également de promouvoir une culture du dialogue, de la participation citoyenne et de la recherche de solutions pacifiques aux crises qui affectent la société congolaise.

La Commission prévoit, le 20 septembre, une célébration eucharistique dans les diocèses du pays. Elle entend également poursuivre ses programmes d’éducation civique et de promotion de la bonne gouvernance, avec pour objectif affiché de contribuer au renforcement de la démocratie et au bien-être de la population.

Mike Pakoto | TOP243NEWS

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