
Kananga , 8 septembre 2026(TOP243NEWS).- À Kananga, une étape symbolique et concrète vient d’être franchie dans le processus de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits. Des enfants nés à la suite de violences sexuelles ont reçu leurs actes de naissance, à l’issue d’un dialogue entre la Première Dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, et des victimes, avec l’accompagnement du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).
Au-delà de sa portée administrative, la délivrance de ces documents constitue un acte majeur de reconnaissance juridique et sociale. L’acte de naissance permet à l’enfant d’être officiellement identifié et constitue une pièce essentielle pour l’exercice de plusieurs droits fondamentaux, notamment l’accès à l’éducation, aux services sociaux et à d’autres démarches administratives.
Réparer les conséquences d’un conflit qui a profondément marqué le Kasaï-Central
Le Kasaï-Central reste marqué par les violences liées au phénomène Kamuina Nsapu, qui ont notamment entraîné des déplacements de populations, des destructions d’habitations et de graves atteintes aux droits humains, parmi lesquelles des violences sexuelles.
Pour les victimes, les conséquences de ces violences ne se limitent pas aux événements du passé. Elles continuent de peser sur les parcours individuels et familiaux, notamment lorsque des enfants sont nés à la suite de viols commis dans le contexte des conflits.
C’est dans ce contexte que la question de l’identité et de la reconnaissance juridique des enfants prend une dimension particulière.
Les victimes demandent d’aller plus loin
La rencontre, conduite par le directeur général du FONAREV, Patrick Fata Makunga, a permis aux victimes de témoigner de leurs expériences et d’exposer les difficultés auxquelles elles demeurent confrontées.
Si elles ont salué les efforts déjà engagés dans le cadre du processus de réparation, les victimes ont également plaidé pour un accompagnement plus durable. Parmi leurs attentes figurent notamment le soutien à la relance des activités génératrices de revenus, mais aussi l’accompagnement nécessaire à la reconstruction de leurs projets de vie.
Pour ces femmes et ces familles, la réparation ne saurait donc se limiter à une indemnisation ou à la délivrance de documents administratifs. Elle doit également contribuer à leur permettre de retrouver une autonomie économique et une place pleine et entière au sein de la société.
Denise Nyakeru Tshisekedi : un geste juridique et humain
Avant la clôture du dialogue, la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi, également présidente de la Fondation LONA, a procédé à la remise des actes de naissance aux enfants concernés.
Le geste revêt une triple dimension : juridique, sociale et humaine.
Il traduit notamment la volonté de replacer les victimes et leurs enfants au centre du processus de réparation, en veillant à ce que les conséquences des violences subies par leurs mères ne deviennent pas un facteur d’exclusion pour les générations suivantes.
« Aucun enfant ne doit être privé d’identité »
La délivrance de ces actes de naissance rappelle ainsi un principe essentiel : les circonstances de la naissance d’un enfant ne peuvent justifier la privation de son identité ou de ses droits.
À Kananga, cette initiative apparaît dès lors comme une avancée concrète dans un processus plus large de réparation et de reconstruction. Elle pose également la question de la pérennisation des mécanismes permettant aux victimes de retrouver leurs droits, leur autonomie et leur dignité.
Dans une région encore marquée par les séquelles des violences liées aux conflits, l’enjeu dépasse donc la remise d’un simple document administratif : il s’agit de faire en sorte que les violences du passé ne déterminent pas l’avenir des enfants qui en portent les conséquences.
Mike Pakoto | TOP243NEWS