
Kinshasa,31 août 2026 (TOP243NEWS).-Le ministère de la Formation professionnelle et le Club BTP & CMA veulent accélérer la reconnaissance des compétences acquises sur le terrain dans les métiers du bâtiment et des travaux publics. Une nouvelle étape de cette coopération a été franchie le 1er septembre à Kinshasa, lors d’une rencontre entre le ministre d’État, ministre de la Formation professionnelle, Me Marc Ekila Likombo, et le président du Club BTP & CMA, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi.
Au centre des échanges : la Validation des acquis de l’expérience (VAE), un dispositif destiné à permettre aux professionnels ayant développé leur savoir-faire dans l’exercice quotidien de leur métier de faire évaluer et reconnaître officiellement leurs compétences.
Replacer l’ouvrier au cœur des politiques de construction
Pour Jean Bamanisa, la qualité des infrastructures congolaises dépend aussi directement de la qualification de ceux qui les construisent.
« On peut discuter de questions d’urbanisme, de construction, de travaux publics, mais ceux qui exécutent, ce sont les ouvriers », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre.
Le président du Club BTP & CMA estime qu’un grand nombre de travailleurs disposent aujourd’hui d’une solide expérience pratique sans bénéficier nécessairement d’une certification correspondant à leurs compétences.
« Ces ouvriers, nous en avons des centaines de milliers qui doivent avoir leur formation professionnelle et bénéficier des VAE », a-t-il ajouté.
La coopération entre le ministère et le Club BTP & CMA doit ainsi contribuer à transformer l’expérience professionnelle accumulée sur les chantiers en qualifications officiellement reconnues.
8 113 professionnels concernés
Selon les données communiquées à l’issue de la rencontre, 8 113 professionnels sont déjà concernés par le processus de VAE.
Le dispositif vise notamment les métiers du bâtiment, avec des cas tels que celui des électriciens du bâtiment, dont les compétences pratiques peuvent désormais être soumises à une évaluation formelle.
Le processus avait été lancé en 2025. Une première phase de jurys s’était tenue en février 2026 avant une interruption. Sa relance est désormais envisagée avec l’implication du Club BTP & CMA.
Cette reprise devra également s’accompagner d’un travail sur la qualification des experts appelés à siéger dans les jurys d’évaluation.
« C’est un grand travail, donc nous avons besoin les uns des autres. Nous avons besoin du ministère, nous avons besoin de l’Inspection, nous avons besoin de toutes les structures du ministère de la Formation professionnelle », a expliqué Jean Bamanisa.
Des référentiels métiers attendus le 22 septembre
Les discussions ont également porté sur la mise à jour de l’arrêté, l’élargissement du champ d’intervention du Club BTP & CMA et la remise des référentiels métiers, annoncée pour le 22 septembre 2026.
Ces documents doivent servir de base à l’identification des activités, compétences et connaissances nécessaires à l’exercice des différents métiers.
Ils constituent également un outil essentiel pour harmoniser l’évaluation des professionnels et rapprocher les formations des réalités observées sur les chantiers.
Vers une standardisation des formations
Au-delà de la VAE, le ministère et le Club BTP & CMA ont abordé la standardisation des programmes de formation, notamment à travers les dispositifs d’incubation.
L’objectif est double : reconnaître les compétences déjà acquises et mieux préparer les professionnels aux exigences futures du marché du travail.
Le Club BTP & CMA, initiative d’ExpoBéton ASBL, entend apporter son expertise sectorielle au processus. La structure regroupe des acteurs du bâtiment, des travaux publics, de l’industrie et de l’artisanat, notamment à travers le Club BTP et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat.
Qualification et sécurité des ouvrages
Pour Jean Bamanisa, la question de la qualification professionnelle dépasse le seul cadre administratif. Elle touche directement à la qualité des constructions et à la sécurité des populations.
Plans, normes et politiques d’urbanisme ne peuvent produire les résultats attendus que s’ils sont correctement exécutés par des professionnels disposant des compétences nécessaires.
Dans cette perspective, la VAE doit permettre d’identifier et de certifier les compétences existantes, tandis que la formation professionnelle doit contribuer à leur consolidation et à leur perfectionnement.
« Le travail est encore profond, le travail va continuer », a insisté Jean Bamanisa, soulignant que la VAE doit être conçue comme un processus durable et non comme une opération ponctuelle.
Le ministre d’État Marc Ekila Likombo était accompagné, lors de cette rencontre, de l’Inspecteur général à la Formation professionnelle, Guylain Banga, ainsi que de plusieurs conseillers.
Avec 8 113 professionnels déjà concernés, la prochaine étape attendue est désormais la remise des référentiels métiers prévue le 22 septembre 2026.
Pour le ministère de la Formation professionnelle et le Club BTP & CMA, l’enjeu est de faire de l’expérience acquise sur les chantiers une compétence reconnue, tout en contribuant à professionnaliser davantage les métiers qui participent directement à la construction et à la reconstruction de la République démocratique du Congo.
Mike Pakoto | TOP243NEWS


