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RDC:Et si l’ECC acceptait la reforme constitutionnelle avec le respect des 5, 218, 219 et 220 (Édito de Mike Pakoto)

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Kinshasa , 8 Juin 2026 ( TOP243NEWS ). – Après analyse minutieuse des aspects juridique, politique et moral des arguments développés par les uns et les autres, un constat s’impose dans le sens où le débat sur le changement de la Constitution divise, mais il ne divise pas hors de la République. Il se tient au cœur de la République, entre les Congolais qui, malgré leurs divergences, reconnaissent encore la valeur de la table commune.

‎Pour les uns, la Constitution du 18 février 2006 a le mérite d’être la résultante d’un pacte républicain obtenu après une longue période de transition et de conflits armés. Elle est issue d’un large consensus national et international. Elle est le produit de plusieurs compromis sur des options majeures qui opposent la classe sociopolitique depuis 1960.

‎Cependant, pour les autres, la Constitution du 18 février 2006 reste une œuvre humaine et perfectible. Elle contient des dispositions qui nécessitent des réflexions profondes et objectives en vue de répondre de manière optimale aux enjeux de l’heure. Plusieurs circonstances apparues dans l’évolution de l’histoire de notre pays depuis 2006 jusqu’à ce jour doivent interpeller la conscience collective.

Pour ce débat, l’Eglise du Christ au Congo (ECC), appelle au respect strict des dispositions de la Constitution, à savoir les articles 5, 218, 219 et 220. Elle estime primo que le peuple- détenteur de la souveraineté nationale- peut s’exprimer sur la question des réformes constitutionnelles à travers le référendum.

Deuxièmement l’ECC estime que l’initiative de la réforme constitutionnelle doit être soumise à l’Assemblée nationale et au Sénat qui décident, à la majorité absolue de chaque Chambre, du bien fondé du projet, de la
proposition ou de la pétition de révision. Elle s’appuie sur le fait que « la révision n’est définitive que si le projet, la proposition ou la pétition est approuvée par référendum sur convocation du Président de la République ».

Tertio pour l’ECC dit non à toute révision pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège.
« La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du
Président de la République, l’indépendance du Pouvoir judiciaire, le pluralisme
politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle », s’accorde l’ECC avec l’article 220 de la Constitution.

‎Le Comité exécutif national de l’ECC trouve que toutes les réflexions présentées sur la nécessité de réformes constitutionnelles et les contraintes y afférentes sont pertinentes et constructives. Elles contribuent à la maturation de l’État de droit démocratique et renforcent notre auto-législation et autodétermination.

‎Selon l’ECC, il a été également démontré que le Peuple peut, dans les conditions d’un large consensus national et pour des raisons objectives, surtout dans un processus légitime, démocratique et transparent, statuer sur les dispositions de l’article 220. De ce fait, le problème n’est pas de savoir si l’on peut toucher à la Constitution, plutôt de savoir comment et à quelles conditions peut-on le faire ? Sur ce point, le Dialogue démocratique national et inclusif reste la voie idoine dans ce contexte précis, conformément aux Résolutions 2773 et 2808 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, les Résolutions de l’Union Africaine et de l’Union Européenne ainsi que des Accords de Washington et de Doha.

‎Et si l’ECC acceptait la révision de la constitution ? La réponse est dans sa propre posture : oui, mais pas à n’importe quel prix. Oui, si le processus est inclusif, apaisé, et strictement encadré par les articles 5, 218, 219 et 220. Oui, si le Dialogue démocratique national et inclusif précède tout acte législatif précipité.

‎Car au-delà des postures, il y a l’urgence du pays. Dans certains territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la situation montre qu’il y a risque de sortir du cadre de l’exercice démocratique pour sombrer dans des actes de gravité extrême. C’est ici qu’il faut saluer aussi bien les Résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les Résolutions de l’Union Africaine et de l’Union Européenne que les Accords de Washington et de Doha.

‎Si l’ECC dit oui, ce sera un oui conditionné par le droit, par l’inclusivité, et par la paix. Et c’est peut-être la seule voie pour que le débat cesse d’être bipolaire et devienne réellement national. C’est alors que l’atterrissage sera fait en douceur, sans conséquence négative.

Rédaction.

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