
Kinshasa, 15 mai 2026 (TOP243NEWS).- Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a été longuement interpellé au Sénat autour de la problématique de la Caisse nationale de péréquation, au cours d’une plénière dirigée hier par le Président de la Chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde.
Face aux sénateurs, le patron des Finances publiques a dû répondre aux préoccupations soulevées par le sénateur Vunabandi Kanyamihigo Célestin sur le non-respect de certains engagements financiers de l’État envers les provinces, notamment l’application des dispositions constitutionnelles relatives à la rétrocession des recettes nationales et au fonctionnement de la Caisse nationale de péréquation.
Dans son intervention, le sénateur Vunabandi a rappelé que cette caisse, prévue par l’article 181 de la Constitution, a pour mission de financer le développement équilibré des provinces et de corriger les disparités entre entités provinciales. Toutefois, plus de vingt ans après son instauration, plusieurs élus estiment que cette structure peine encore à produire des résultats concrets sur le terrain.
Au cours des échanges, plusieurs sénateurs ont dénoncé les difficultés persistantes auxquelles font face les provinces, notamment les retards de paiement des députés provinciaux, le manque de financement des entités territoriales décentralisées ainsi que le ralentissement de nombreux projets d’infrastructures de base.
Répondant aux préoccupations des élus, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a expliqué que la situation sécuritaire dans l’Est du pays exerce une forte pression sur les finances publiques. Selon lui, une part importante des recettes de l’État est actuellement orientée vers les dépenses sécuritaires afin de faire face à la guerre d’agression.
Concernant spécifiquement la Caisse nationale de péréquation, le ministre a assuré que le Gouvernement travaille progressivement à renforcer les mécanismes de financement des provinces malgré les contraintes budgétaires actuelles. Il a également évoqué la nécessité d’un encadrement rigoureux des ressources publiques afin de garantir une meilleure redistribution en faveur des entités provinciales.
Les débats ont connu une forte participation des sénateurs, plusieurs intervenants appelant à des réformes profondes pour rendre opérationnels les instruments de décentralisation prévus par la Constitution.
Il sied de signaler que le Ministre des Finances a sollicité un délai de 48 heures afin de revenir devant les sénateurs avec des réponses plus détaillées aux différentes préoccupations soulevées au cours de cette plénière.
Willyeve Diakuantinu.