
Kinshasa, 16 mai 2026 (TOP243NEWS). — Le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a tenu, ce samedi à l’immeuble du Gouvernement à Kinshasa , un point de presse consacré à la déclaration de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, cette fois dans la province de l’Ituri.

Au cours de cette rencontre avec la presse, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a présenté la situation épidémiologique actuelle ainsi que les premières mesures de riposte déjà mises en œuvre par le Gouvernement afin de contenir la propagation du virus.
Dans son intervention, le patron de la santé en RDC a d’abord rappelé que le pays venait à peine de maîtriser une précédente flambée épidémique au Kasaï avant d’être à nouveau confronté à Ebola en Ituri.
« Notre pays est de nouveau confronté à l’épidémie d’Ebola après celle qui avait été arrêtée au Kasaï », a-t-il déclaré devant les médias.
Revenant sur la chronologie des faits, le ministre a expliqué que l’alerte sanitaire avait été donnée le 5 mai dernier. Après cette alerte, des échantillons ont été prélevés pour des analyses approfondies.
Selon lui, les résultats reçus le 13 mai ont permis, dès le 14 mai, de confirmer la présence d’une souche différente du virus Ebola Zaïre, plus connue en RDC. Il s’agit cette fois de la souche « Bundibugyo », déjà identifiée auparavant en Ouganda ainsi qu’à Isiro.

Le ministre a également précisé que des équipes sanitaires ont immédiatement été déployées sur le terrain afin de mener des recherches actives, identifier les cas suspects et retracer les décès enregistrés dans les différentes communautés touchées.
Il a reconnu que les premières difficultés rencontrées dans la gestion de cette flambée sont liées aux croyances de certaines communautés locales, où plusieurs cas étaient initialement perçus comme des maladies d’origine mystique ou mystérieuse, retardant ainsi la prise en charge médicale.
Sur le plan épidémiologique, les autorités sanitaires ont fait état, à ce jour, de 246 cas suspects et de 80 décès enregistrés.
Le ministre a par ailleurs indiqué que le Gouvernement a déjà saisi le Conseil des ministres sur cette situation sanitaire, officialisant ainsi la déclaration de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC.
Tout en rappelant que les précédentes épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays ont généralement une origine zoonotique, c’est-à-dire une transmission entre l’animal et l’homme, il a souligné que les experts de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) poursuivent encore les analyses afin de déterminer l’origine exacte de cette nouvelle souche.
« Les équipes de l’INRB continuent les examens pour savoir s’il s’agit d’un virus provenant directement de l’animal ou d’une résurgence d’anciens cas », a expliqué le ministre.
Face à cette nouvelle menace sanitaire, le ministère de la Santé publique appelle la population au respect strict des mesures d’hygiène, à la vigilance communautaire ainsi qu’à la collaboration avec les équipes médicales déployées dans les zones affectées.
Willyeve Diakuantinu.