
Bruxelles, 8 mai 2026 ( TOP243NEWS ). – Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, accompagné du ministre de la Communication et Médias ainsi que porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ont multiplié les échanges avec des responsables européens afin d’exiger des mesures fermes contre les acteurs accusés d’alimenter l’instabilité dans l’Est de la RDC.
Au centre des discussions figure la question de l’exploitation illicite des minerais stratégiques congolais. Kinshasa accuse certaines entreprises européennes de tirer indirectement profit des minerais extraits frauduleusement dans des zones contrôlées par des groupes armés. Pour les autorités congolaises, ce commerce illégal constitue l’un des principaux facteurs qui entretiennent les conflits armés et aggravent la crise humanitaire dans les provinces orientales de la RDC.
Devant plusieurs parlementaires européens réunis à Bruxelles, Samuel Mbemba a plaidé pour un renforcement urgent des mécanismes internationaux de traçabilité des minerais stratégiques exportés vers l’Europe. Le ministre a également insisté sur la nécessité de soutenir davantage les initiatives de justice internationale afin de lutter contre l’impunité entourant les crimes commis dans l’Est de la RDC. Kinshasa estime désormais que les partenaires occidentaux doivent dépasser les simples déclarations diplomatiques pour adopter des décisions politiques concrètes contre les réseaux impliqués dans la déstabilisation du pays.
Dans cette offensive diplomatique, Patrick Muyaya joue un rôle central dans la stratégie médiatique du gouvernement congolais. À travers ses interventions auprès des médias internationaux et des institutions européennes, le porte-parole du gouvernement cherche à sensibiliser l’opinion internationale sur les conséquences humaines du conflit et sur les responsabilités des acteurs régionaux accusés de soutenir les groupes armés opérant dans l’Est de la RDC.
Les autorités congolaises considèrent par ailleurs que l’Union européenne devrait emboîter le pas aux États-Unis en sanctionnant l’armée rwandaise ainsi que tous les réseaux politiques, militaires et économiques accusés de contribuer aux violences contre les populations civiles congolaises. Cette position a notamment été réaffirmée lors des échanges avec Hilde Vautmans, présidente de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique–Union européenne, et plusieurs députés européens engagés dans le suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs.
À Bruxelles, le message porté par Samuel Mbemba et Patrick Muyaya apparaît désormais sans ambiguïté dans le sens où la RDC attend des actes forts de la part de l’Union européenne.
Pour Kinshasa, la paix durable dans l’Est du pays dépendra autant des sanctions contre les acteurs impliqués dans l’agression que d’une réforme profonde des circuits internationaux d’approvisionnement en minerais stratégiques, régulièrement accusés d’alimenter les conflits armés dans la région.
Willyeve Diakuantinu.


