
Nairobi , 13 mai 2026 ( TOP243NEWS ). – La République démocratique du Congo a porté un plaidoyer fort en faveur d’une refondation de la gouvernance mondiale, particulièrement sur les questions de paix et de sécurité en Afrique dans le cadre d’Africa Forward Summit à Nairobi. Intervenant lors de la session plénière de haut niveau consacrée à ces enjeux, la délégation congolaise a estimé que le multilatéralisme actuel ne répond plus aux réalités contemporaines et qu’il doit désormais refléter les aspirations des peuples et des États du Sud. Pour Kinshasa, le temps est venu de passer d’une « gouvernance d’héritage » à une « gouvernance d’équité ».

Au cœur de cette intervention figure la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, que la RDC considère comme une nécessité pour préserver la légitimité du système international. S’appuyant sur le consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, la partie congolaise a rappelé l’exigence africaine d’obtenir deux sièges permanents avec tous les privilèges y afférents, y compris le droit de veto tant qu’il demeurera en vigueur. La RDC a également dénoncé les limites des mécanismes actuels face aux atrocités de masse et appelé à une limitation de l’usage du veto dans les situations de crimes de guerre ou de génocide, estimant que celui-ci ne doit pas servir de bouclier à l’impunité.
Kinshasa a par ailleurs mis en lumière la situation sécuritaire persistante dans l’Est du pays, marquée depuis plusieurs décennies par des violences attribuées à l’agression rwandaise. Devant les participants du sommet, la RDC a lancé un avertissement contre « le silence international » face aux drames humains qui frappent certaines régions africaines. Pour les autorités congolaises, aucun blocage institutionnel ne devrait empêcher la communauté internationale d’agir lorsqu’il s’agit de protéger des populations civiles menacées par des atrocités de masse.
Au-delà des questions sécuritaires, la République démocratique du Congo a également présenté les réformes engagées dans le secteur de la santé sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi. Lors des discussions consacrées au financement des systèmes sanitaires africains, la RDC a mis en avant la Couverture Santé Universelle, soutenue par un investissement de plus de 42 millions de dollars, ainsi que la Taxe de Promotion de la Santé destinée à générer au moins 150 millions de dollars.
Le gouvernement a aussi rappelé la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Obligatoire, financée par une contribution solidaire de 2,5 % sur les salaires, avec l’ambition de renforcer la souveraineté du système de santé national.
Enfin, la RDC a réaffirmé son statut de « pays-solutions » dans la lutte contre les défis climatiques mondiaux. Grâce à ses vastes forêts tropicales, ses tourbières et ses importantes réserves de minerais critiques, le pays entend jouer un rôle central dans la transition énergétique et la protection de l’environnement.
Kinshasa a souligné que cette position stratégique constitue non seulement un atout pour le continent africain, mais également une responsabilité mondiale face aux enjeux climatiques et énergétiques actuels.Willyeve Diakuantinu.

