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USA:Venezuela-RDC, quand la souveraineté devient relative dans l’ordre mondial

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‎Kinshasa ,4 Janvier 2026 ( TOP243NEWS ). –
‎La récente déclaration des autorités américaines affirmant leur intention de « diriger le Venezuela jusqu’à l’élection d’un nouveau président » après l’arrestation et l’exfiltration du président vénézuélien, Nicolas Maduro, hier , a suscité une vive controverse sur la scène internationale.

‎ Au-delà du cas vénézuélien, cette prise de position relance un débat plus large sur le respect de la souveraineté des États et l’application sélective du droit international, une problématique que la République démocratique du Congo (RDC) connaît depuis plusieurs décennies.

‎En parlant ouvertement de « diriger » un pays souverain, Washington adopte un langage rarement assumé aussi clairement dans la diplomatie moderne.

‎Pour de nombreux observateurs, cette posture traduit une logique de tutelle politique qui s’inscrit dans une hiérarchie implicite entre les États : certains décident, d’autres subissent.

‎Le cas du Venezuela met en lumière une réalité souvent dénoncée par les pays du Sud : le droit international n’est pas appliqué de manière uniforme. Les sanctions, les pressions diplomatiques et les menaces d’isolement sont principalement dirigées contre des États considérés comme faibles ou non alignés, tandis que les puissances et leurs alliés stratégiques bénéficient d’une large impunité.

‎Cette situation fait écho à ce que vit la RDC depuis plus de trente ans en ce sens que malgré les multiples rapports documentant les violations de sa souveraineté et les ingérences extérieures, les réponses internationales restent largement insuffisantes.

‎Les accords de Washington, censés contribuer à la stabilisation de l’Est de la RDC et au respect des engagements régionaux, constituent un exemple frappant de cette application sélective du droit. Bien que plusieurs violations attribuées au Rwanda soient régulièrement signalées, aucune sanction significative n’a été prise à ce jour.


‎Cette absence de mesures coercitives contraste fortement avec la rapidité et la fermeté des sanctions imposées à d’autres États dans des contextes similaires. Pour de nombreux analystes, cela révèle une logique où les considérations géopolitiques et économiques priment sur le respect des principes de souveraineté et d’égalité entre les nations.

‎Ce qui est aujourd’hui exprimé sans détour dans le dossier vénézuélien semble, selon plusieurs observateurs, être pratiqué de manière plus discrète en RDC : une gestion indirecte des crises, une tolérance envers certains alliés régionaux et une priorité accordée aux intérêts stratégiques, notamment liés aux ressources naturelles.


‎Ainsi, la RDC apparaît moins comme un État pleinement défendu par la communauté internationale que comme un espace stratégique à sécuriser, au prix d’une instabilité persistante et de lourdes conséquences humanitaires.


‎Le parallèle entre le Venezuela et la RDC pose une question centrale : qui garantit réellement le respect du droit international lorsque ceux qui l’invoquent sont aussi ceux qui peuvent le contourner sans conséquences ? Tant que cette question restera sans réponse claire, les accusations de « deux poids, deux mesures » continueront d’alimenter la défiance envers l’ordre international actuel.

‎Le cas vénézuélien, loin d’être isolé, rappelle ainsi que les principes de souveraineté et d’égalité des États demeurent fragiles face aux logiques de puissance, comme l’illustre depuis longtemps la situation en République démocratique du Congo.

Willyeve Diakuantinu.

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