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RDC:Le général Sylvain Ekenge suspendu de ses fonctions de porte-parole des FARDC

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Kinshasa, 29 Décembre 2025 ( TOP243NEWS ). – Le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a décidé, ce lundi, de suspendre le général-major Sylvain Ekenge de ses fonctions de porte-parole de l’armée.

‎Cette mesure disciplinaire fait suite à des déclarations tenues samedi dernier par l’officier supérieur lors d’une communication diffusée sur la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC). Dans ses propos, le général Ekenge évoquait un supposé stratagème démographique qu’il attribuait à des femmes de la communauté tutsie, présenté comme un moyen de maintenir une prétendue « suprématie » communautaire. Ces déclarations ont suscité une vive controverse au sein de l’opinion publique, des institutions et de la classe politique.



‎Face à l’ampleur des réactions, la hiérarchie militaire a rapidement tranché afin de lever toute ambiguïté. Selon des sources proches du commandement, les propos incriminés relèvent d’« appréciations personnelles » qui n’engagent ni les FARDC ni l’État congolais. La suspension du général Ekenge vise ainsi à dissocier clairement une parole individuelle de la ligne officielle de l’institution militaire et de la République.

‎Au sein des FARDC, cette décision est perçue comme un rappel ferme des principes fondamentaux qui régissent l’armée nationale. « L’armée est tenue à la neutralité, à la cohésion nationale et au respect strict de tous les citoyens, sans distinction », confie une source militaire, soulignant que toute expression publique à caractère discriminatoire est incompatible avec les fonctions de porte-parole.

‎Cette position s’inscrit dans une ligne politique constante du chef de l’État. Le président Félix Tshisekedi s’est, à plusieurs reprises, opposé sans équivoque à toute forme de stigmatisation identitaire ou de discrimination. Il a réaffirmé son engagement en faveur de l’unité nationale et du respect de toutes les communautés vivant en République démocratique du Congo, rappelant publiquement en 2024 que les Banyamulenge et, plus largement, les Tutsi congolais sont des citoyens à part entière, protégés par la Constitution.

‎Au-delà du débat interne, cette clarification vise également à couper court aux justifications avancées par certaines parties extérieures, notamment Kigali, qui invoquent la prétendue protection de communautés menacées pour légitimer des ingérences régionales. En martelant les principes de non-discrimination et d’égalité devant la loi, le chef de l’État entend recentrer le débat sur un terrain politique et juridique clair : celui de la souveraineté nationale, de l’unité du pays et du refus de toute instrumentalisation ethnique.

‎Dans un contexte sécuritaire déjà marqué par de fortes tensions dans l’est de la RDC, l’exécutif insiste sur la responsabilité de la parole publique, en particulier au sein des forces armées. Porte-voix de l’institution, le porte-parole incarne une ligne officielle qui se doit d’être rigoureuse, mesurée et conforme aux valeurs républicaines.

‎En suspendant le général-major Sylvain Ekenge, la hiérarchie militaire adresse ainsi un message sans ambiguïté : la lutte contre l’ennemi ne saurait se confondre avec des amalgames identitaires, et la discipline, en période de crise, commence aussi par les mots.

‎Willyeve Diakuantinu.

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