
Kolwezi,20 Novembre 2025 ( TOP243NEWS ). –
Le drame survenu le 15 novembre à la mine de Kalando, près de Kolwezi, continue de secouer la province du Lualaba. L’effondrement d’un site d’exploitation artisanale y a coûté la vie à plus de quarante creuseurs, révélant une fois de plus les failles persistantes dans l’organisation, la sécurité et l’encadrement du secteur minier artisanal en République démocratique du Congo.
Au lendemain de la tragédie, le gouvernement a intensifié ses efforts pour restructurer un domaine où opèrent des milliers de Congolais souvent livrés à eux-mêmes.
Au cœur de cette dynamique se trouve le Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE). Son Directeur général, Jean-Paul Kapongo Kadiobo, a joué un rôle central lors de la visite du ministre national des Mines, Louis Watum, dépêché sur place par le Président de la République.
Avant même l’arrivée du ministre, le DG Kapongo s’était rendu à Kalando aux côtés des leaders des coopératives pour évaluer l’ampleur du drame et identifier les dysfonctionnements ayant contribué à la catastrophe. Une démarche saluée par les acteurs locaux, qui y voient la preuve d’un leadership attentif et déterminé.
Le 18 novembre, une réunion stratégique s’est tenue à Kolwezi entre le ministre Watum, le DG de SAEMAPE et les présidents des coopératives minières du Lualaba. Au cœur des échanges : l’attribution des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA), réclamée de longue date par les exploitants artisanaux.
À l’issue de la rencontre, Jean-Paul Kapongo s’est dit satisfait des engagements pris par le ministre, qui a promis l’application stricte des mesures d’encadrement longtemps attendues par les coopératives. Un signal fort, dans un secteur trop souvent marqué par l’informalité et les tensions.
Pour le DG de SAEMAPE, la réforme du secteur passe par une responsabilité collective.
Il insiste sur la nécessité d’une synergie réelle entre l’État, les creuseurs et les forces de l’ordre afin d’améliorer la sécurité et l’assainissement des sites artisanaux.
Bras séculier du gouvernement chargé de l’encadrement des exploitants artisanaux, le SAEMAPE se positionne comme l’acteur opérationnel clé de la nouvelle politique nationale visant à professionnaliser le secteur et à favoriser l’émergence d’une classe moyenne congolaise par une exploitation minière formalisée et durable.
En réponse à la tragédie de Kalando et aux tensions récurrentes dans des sites comme Mulondo, le ministre Watum a annoncé l’identification de 64 nouvelles Zones d’Exploitation Artisanale destinées à réorganiser et à sécuriser l’activité des creuseurs.
Le SAEMAPE, qui supervise déjà près de 1 400 coopératives à travers le pays, aura la lourde responsabilité d’encadrer ces nouvelles zones afin de garantir une exploitation conforme aux normes et respectueuse des vies humaines.
Malgré un atterrissage difficile à Kolwezi la veille, la visite ministérielle s’est avérée déterminante. Elle marque le début d’un processus plus rigoureux de réorganisation du secteur minier artisanal, longtemps miné par l’informalisation et le manque de gouvernance.
L’engagement affiché du ministre Louis Watum, combiné au rôle moteur du DG Jean-Paul Kapongo et de SAEMAPE, constitue une étape cruciale pour transformer l’exploitation artisanale en un secteur plus sûr, mieux encadré et véritablement bénéfique pour les communautés locales.
Willyeve Diakuantinu.
