
Kolwezi,10 Novembre 2025 ( TOP243NEWS ). – Dans un pays où les inégalités territoriales demeurent l’un des plus grands défis sociaux, la fondation Kemesha Charity est en train d’imposer une vision rare mais essentielle, celle d’un Congo où les provinces ne se regardent plus avec suspicion, mais se soutiennent, se relèvent et se construisent mutuellement.
Son programme humanitaire TUIBAKAYI KWETU « Construisons chez nous » s’impose désormais comme un modèle singulier de solidarité nationale, enraciné dans l’univers rural et dédié aux enfants vulnérables que le faste de Noël oublie trop souvent.
En 2022, la première édition organisée à Mbujimayi jette les bases d’une dynamique extraordinaire. L’événement, financé à hauteur de 100 000 USD, réunit 2 000 enfants orphelins, albinos ou issus de familles précaires. Pour la première fois, ces enfants du Kasaï oriental vivent un Noël où ils sont les invités d’honneur et non les spectateurs invisibles d’une fête qui ne leur était jamais destinée.
La fondatrice assume une source d’inspiration biblique, citant Proverbes 19:17 :
« Celui qui est généreux envers le pauvre prête à l’Éternel, et il lui rendra la pareille. »
Plus qu’un événement caritatif, c’est une déclaration :
“Nous devons retourner au village, voir, comprendre, agir… et revenir construire.”
Après une année 2023 marquée par le report de l’édition attendue dans la Tshuapa, le village natal de Guy Loando Mboyo, plus grand contributeur historique l’année 2024 opère un tournant.
Le slogan TUIBAKAYI KWETU devient un appel national, décliné dans chaque langue du Congo. Les dons dépassent toutes les attentes : 405 000 USD collectés en deux semaines, alors que l’objectif initial était fixé à 250 000 USD.
La participation massive du Grand Katanga redéfinit l’édition. Le Tanganyika, notamment, adopte un geste symbolique fort : renoncer à son droit d’accueillir l’édition suivante au profit du Lualaba, pour honorer les enfants du village du “frère aîné”, Georges A. Forrest.
Un acte de solidarité provinciale rarement observé dans un pays souvent fragmenté.
Le principe retenu est simple mais puissant :
la province qui contribue le plus obtient l’honneur d’accueillir la prochaine édition.
La vision de Kemesha Charity refuse les actions éphémères. Avec les fonds mobilisés, cinq écoles de formation professionnelle sont construites dans les cinq territoires du Kasaï oriental. Chacune porte le nom d’un bienfaiteur majeur, scellant symboliquement l’unité entre provinces donatrices et populations rurales bénéficiaires.
Beena Cimbi (Kabeya Kamwanga) , École Rachel Forrest, en hommage au principal bienfaiteur pour le Lualaba, Georges Arthur Forrest.
Mwa Kwadi (Cilenge), École Pierrette Bemba.
Kabwe (Katanda), École Doudou Fwamba Likundé Li-Botayi.
Ciaba (Lupatapata), École Sama Lukonde.
Boya (Miabi), École Rawbank, avec des salles de classe portant les noms des donateurs ayant financé les bancs scolaires.
La mise en œuvre, confiée à l’ASBL DITUNGA, dirigée par l’Abbé Apollinaire, garantit une gestion rigoureuse des 400 000 USD consacrés aux infrastructures.
L’inauguration est prévue pour fin novembre, symbolisant une transition entre solidarité festive et développement durable.
L’horizon se déplace désormais vers le Lualaba.
La troisième édition, programmée pour le 21 décembre 2025 à Kolwezi, se tiendra sous le thème TUJENGE KWETU, une continuité logique du leitmotiv initial, élargie à toutes les langues nationales.
L’objectif : faire du Lualaba un nouveau foyer de solidarité, en impliquant encore davantage les provinces du pays.
Les chiffres-clés
Plus de 500 000 USD mobilisés en deux ans
5 infrastructures éducatives livrées dans les territoires du Kasaï oriental
3ᵉ édition prévue en décembre 2025 à Kolwezi.
À l’heure où le Congo est souvent marqué par des rivalités politiques, identitaires et économiques entre provinces, TUIBAKAYI KWETU propose un contre-modèle.
Un modèle où les provinces ne s’opposent plus mais se complètent, où la générosité individuelle construit le bien commun, où la fête de Noël devient une politique publique citoyenne — née du cœur, sans calcul, sans promesse, sans retour attendu.
Si cette initiative continue sur cette trajectoire, elle pourrait devenir bien plus qu’un projet humanitaire :
un pilier moral pour repenser la solidarité nationale congolaise.
Willyeve Diakuantinu.

