
New-York, 12 mars 2026 ( TOP243NEWS ). –
À l’occasion des activités marquant la Journée internationale des droits des femmes, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a porté haut la voix du pays à New York pour dénoncer les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre dans l’Est du territoire congolais.

Intervenant lors d’un événement parallèle à la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme, organisé conjointement avec le gouvernement ukrainien, la cheffe du gouvernement congolais a livré un plaidoyer ferme en faveur de la justice pour les victimes et de sanctions internationales contre les responsables de ces atrocités.
Dans un discours marqué par une grande gravité, Judith Suminwa Tuluka a dénoncé la brutalité persistante des violences sexuelles dans les zones en conflit à l’Est de la République démocratique du Congo.
« À l’Est de la RDC, la guerre ne se limite pas aux champs de bataille. Elle se déroule aussi sur le corps des femmes, des filles et des enfants », a-t-elle déclaré devant l’assemblée internationale.
La Première ministre a dénoncé l’utilisation systématique des violences sexuelles comme arme de terreur, d’humiliation et de domination, une pratique qui, selon elle, détruit les familles et traumatise durablement les communautés.
Elle a également rappelé les conclusions du Rapport Mapping des Nations Unies de 2010, qui documente l’ampleur des crimes commis en RDC, tout en soulignant que la situation demeure alarmante.
Selon les données de l’UNICEF, les violences sexuelles contre les enfants ont triplé depuis janvier 2025, dans un contexte sécuritaire marqué par la poursuite des attaques attribuées à la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda.

Face à cette tragédie, la cheffe du gouvernement congolais a renouvelé son appel à la communauté internationale pour l’application de sanctions contre les responsables des violences et leurs soutiens.
Elle a insisté sur la nécessité d’une mobilisation internationale pour mettre fin à l’impunité qui, selon elle, alimente la répétition de ces crimes.
« Les violences sexuelles dans les conflits ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat de l’impunité. Et l’impunité est un choix que la communauté internationale peut décider de ne plus tolérer », a-t-elle martelé.
Dans son intervention, Judith Suminwa a également mis en lumière les réformes engagées par le gouvernement sous le leadership du président Félix Tshisekedi.
Parmi les initiatives majeures figurent :
la relance de la Politique nationale de réforme de la justice (2017-2026) ;
la mise en œuvre du Plan national d’action sur la Résolution 1325, adopté en 2025, pour renforcer la protection des femmes ;
la création du FONAREV, destiné à garantir des réparations durables aux victimes.
La Première ministre a également évoqué la modernisation du système judiciaire congolais, notamment à travers la numérisation des dossiers et le renforcement des institutions judiciaires, afin de lutter plus efficacement contre l’impunité.
Consciente de l’ampleur des défis, insécurité persistante, difficultés d’identification des victimes et manque de ressources financières, Judith Suminwa a appelé à une solidarité internationale renforcée.
« Cette lutte exige des financements innovants et une mobilisation collective à la hauteur de l’urgence », a-t-elle souligné, rappelant que la question dépasse les statistiques pour toucher à la dignité humaine.
La RDC mobilisée à la tribune internationale
En mission à New York depuis le 9 mars, la Première ministre porte la voix de la RDC dans les activités liées aux droits des femmes et poursuit son plaidoyer contre ce que Kinshasa qualifie d’agression dans l’Est du pays.
À travers ses interventions, Judith Suminwa Tuluka s’impose comme l’une des principales voix diplomatiques du gouvernement congolais dans la dénonciation des violences sexuelles liées aux conflits et dans la recherche de justice pour les victimes.
Willyeve Diakuantinu.