
Kinshasa, 17 Janvier 2026 ( TOP243NEWS ). -Le gouvernement congolais a rejeté catégoriquement toute hypothèse de retrait volontaire des éléments du M23 de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. S’exprimant lors d’un briefing tenu ce samedi 17 janvier sur la RTNC, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a qualifié ces annonces de « mise en scène », estimant que les forces hostiles « n’auraient jamais dû se trouver sur le territoire congolais ».
Selon Kinshasa, il s’agit d’une stratégie de désinformation visant à entretenir la confusion, à travers de faux mouvements de retrait tout en maintenant des éléments infiltrés sur le terrain. Une démarche que les autorités considèrent comme une tentative de dilution des pressions diplomatiques, alors même que les États-Unis ont exigé le départ de toutes les forces étrangères de zones sensibles, dont Uvira.
Patrick Muyaya a également dénoncé une narration portée sur la scène internationale, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU, qu’il accuse de détourner le débat en mettant l’accent sur des considérations communautaires au détriment des responsabilités clairement établies. Pour le gouvernement, cette approche vise à masquer la réalité de l’occupation et de l’agression.
Face à cette situation, l’exécutif affirme œuvrer activement à la restauration de l’autorité de l’État, avec une priorité accordée à la sécurisation d’Uvira afin de permettre le retour des populations déplacées et la reprise des activités vitales, en particulier la scolarisation des enfants.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, Kinshasa accuse le Rwanda et ses alliés de pillages systématiques à grande échelle. Selon Patrick Muyaya, ces exactions concernent aussi bien les ressources minières que les biens civils et les équipements publics, citant notamment l’enlèvement de véhicules, de bétail et de matériels destinés aux travaux routiers. « La RDC a un front militaire, un front diplomatique et surtout un front judiciaire », a-t-il insisté, assurant que les crimes commis feront l’objet de poursuites.
Sur le plan humanitaire, le gouvernement tire la sonnette d’alarme face à l’ampleur de l’exil congolais. De retour des camps de réfugiés au Burundi et en Tanzanie, la ministre d’État aux Affaires sociales, Ève Bazaiba, a révélé qu’en l’espace de 24 heures, 28 nouveau-nés ont vu le jour dans ces camps, illustrant une tragédie humaine profonde.
La ministre a évoqué le sort préoccupant des enfants âgés de 2 à 7 ans vivant dans les camps, privés de repères, d’éducation adéquate et de services sociaux essentiels. Pour Kinshasa, cette situation est la conséquence directe de l’agression attribuée au Rwanda, qui force des milliers de familles à l’exil et met à rude épreuve les capacités d’accueil des pays voisins.
Anticipant une pression humanitaire exceptionnelle, le gouvernement congolais estime à environ 1,4 milliard de dollars les besoins nécessaires pour répondre à la crise. Près de 15 millions de Congolais pourraient dépendre de l’aide humanitaire, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, la fragilité du système de santé et l’impact croissant des perturbations climatiques.
Face à cette réalité, les autorités congolaises appellent à un engagement renforcé de la communauté internationale, estimant que les capacités nationales ne suffiront pas à contenir une crise appelée à durer. Kinshasa plaide pour une solidarité accrue afin d’éviter une détérioration humanitaire majeure, susceptible d’affecter durablement la stabilité sociale et humaine du pays.
Willyeve Diakuantinu.


