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RDC:À quelques heures de l’adresse de Félix Tshisekedi sur l’État de la Nation au Congrès devant les deux chambres du Parlement dont la population est active

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Kinshasa, 7decembre 2025(TOP243NEWS).-Le Président de la République,

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo va s’adresser sur l’Etat de la nation
au Congrès devant les deux chambres du parlement du pays.

pour un exercice constitutionnel devenu, au fil des crises, l’un des moments les plus décisifs de son second mandat. Si la Constitution fait de cette adresse un rituel institutionnel, le contexte lui confère une portée qui dépasse largement la tradition : l’Est en proie aux violences, l’accord de Washington encore fragile, un climat politique crispé, une économie en transition et un pays meurtri par les catastrophes sanitaires et environnementales.

Au Palais du Peuple, plus qu’un discours, c’est la capacité de l’État à rassurer, à se projeter et à tenir le cap qui sera mise à l’épreuve. Une part de la confiance nationale se joue dans ce rendez-vous attendu par une opinion inquiète mais encore avide d’espoir.

Pour la septième fois depuis son accession à la magistrature suprême, Félix Tshisekedi se présentera devant les deux chambres réunies en Congrès. Convocation conjointe d’Aimé Boji Sangara et Sama Lukonde, cette session revêt un caractère particulier tant la superposition des crises impose un diagnostic clair et une feuille de route cohérente.

Au cœur des attentes :

un bilan lucide de l’action gouvernementale,

une vision précise pour la suite du mandat,

et un message d’apaisement capable de réduire les tensions politiques.

La société congolaise réclame des réponses : sur la sécurité, sur l’économie, sur la gouvernance, sur les réformes et sur la place du pays dans le nouvel équilibre géopolitique de la région.

Sécurité : l’équation la plus lourde du mandat

Est de la RDC : cinq ans d’état de siège, mais la violence résiste

Près de cinq ans après la mise en place de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, les groupes armés continuent d’imposer leur loi.
Les ADF, la CODECO et d’autres factions sèment toujours la mort, tandis que la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda, maintient des positions stratégiques dans le Rutshuru, le Masisi, le Nyiragongo et désormais des portions du Walikale.

Le cessez-le-feu négocié à Doha n’a pas inversé la dynamique. Les positions restent figées, et l’exaspération populaire grandit.

L’accord de Washington, nouvelle donne ou mirage diplomatique ?

La signature, à Washington, d’un accord de paix entre Tshisekedi et Kagame en présence de Donald Trump a été présentée comme une percée diplomatique majeure.
Pour autant, la population reste prudente : deux décennies de promesses non tenues ont forgé un scepticisme profond.

Dans son discours, Tshisekedi devra répondre à plusieurs questions essentielles :

Comment cet accord sera-t-il mis en œuvre ?

Quels mécanismes garantiront la cessation effective des hostilités ?

Comment la RDC s’assurera du retrait réel du soutien rwandais aux groupes rebelles ?

Quel rôle pour les partenaires américains dans le suivi du processus ?

Une crise humanitaire vertigineuse

21,2 millions de personnes sont en besoin d’assistance.
Le plan de réponse humanitaire 2025 (2,54 milliards USD) n’est financé qu’à 14–16 %, une situation qui aggrave les souffrances des déplacés et rend la stabilisation encore plus complexe.

La question de la réouverture partielle de l’aéroport de Goma, soutenue par Paris mais rejetée par l’AFC/M23, s’ajoute à l’équation sécuritaire.

Malgré le tumulte politique et sécuritaire, l’économie congolaise montre des signes de résistance.

Nouveaux programmes FMI-Banque mondiale : un souffle financier de 2,87 milliards USD

Grâce à la Facilité élargie de crédit (FEC) et au Fonds pour la résilience et le développement (FRD), la RDC dispose d’un appui financier important visant à :

renforcer la stabilité macroéconomique,

accélérer la diversification économique,

financer l’adaptation climatique,

redresser les finances publiques.

Budget 2026 : une hausse de 16 %, symbole d’un État qui veut investir

Avec 59 021 milliards de FC, le budget en examen affiche une progression notable.
Le gouvernement promet d’y inscrire :

la modernisation des infrastructures,

la consolidation des services publics,

la poursuite des réformes fiscales et administratives.

La monnaie nationale se renforce, mais les prix sur les marchés tardent à suivre.
Le discours du Président est attendu pour répondre à une préoccupation majeure :
Comment transformer la stabilité monétaire en stabilité du pouvoir d’achat ?

La transparence dans le secteur minier, la discipline budgétaire et la montée en puissance de l’industrialisation seront au cœur des attentes.

La RDC doit transmettre à Washington la liste de ses DRC Designated Strategic Projects, des projets structurants destinés à sécuriser les chaînes d’approvisionnement américaines en minerais critiques.

Ce partenariat pourrait redéfinir la place de la RDC dans l’économie mondiale — si les engagements sont maîtrisés et assumés par l’État congolais.

La majorité connaît des divergences visibles, l’opposition hausse le ton, et plusieurs acteurs sociaux demandent un dialogue national inclusif.

Tshisekedi s’y oppose pour l’instant, estimant qu’un tel dialogue doit rester sous contrôle de la Présidence.
Son discours pourrait révéler s’il maintient cette ligne ou s’il ouvre la porte à un mécanisme plus large d’apaisement politique.

Après l’Ebola au Kasaï, la RDC fait face à :
la résurgence du Mpox,des épidémies de choléra,une forte augmentation des cas de rougeole,
le tout aggravé par les déplacements massifs liés aux conflits.

Côté environnemental, les inondations répétées, l’érosion et la pression sur les écosystèmes imposent une accélération des politiques de résilience climatique.
Le Président pourrait annoncer de nouveaux partenariats internationaux et des mesures d’urgence.

Dans ce climat lourd mais porteur d’opportunités, le discours de Tshisekedi pourrait : réorganiser les priorités nationales,consolider les réformes stratégiques,clarifier les horizons diplomatiques,donner un signal fort en faveur de la cohésion nationale.

Ce lundi 8 décembre, plus qu’un rituel républicain, c’est un exercice de leadership que la Nation attend.

Le pays veut des réponses.
Le pays veut une vision.
Le pays veut des garanties que l’État tient encore la barre, malgré les tempêtes.

Rédaction.

 

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