
Kinshasa , 26 Novembre 2025 ( TOP243NEWS ).- La délégation de Journaliste en danger (JED), conduite par son président Tshivis Tshivuadi, a été reçue lundi par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Au centre des échanges : la présentation du rapport annuel 2025 de l’organisation et le compte rendu de la mission effectuée en Suède, où JED a reçu le prestigieux Prix de la liberté de la presse à Stockholm.
Cette audience intervient deux jours après la grande soirée officielle organisée à Kinshasa pour la publication du rapport. Empêché pour cause de mission à l’étranger, le ministre était considéré comme « un partenaire naturel à associer à cette restitution », a expliqué le président de JED.
Revenant sur la portée du prix reçu en Suède, Tshivis Tshivuadi a insisté sur le caractère stimulant de cette distinction internationale.
« Ce n’est pas un prix d’honneur qui marquerait la fin d’un parcours, mais un prix de reconnaissance et surtout d’encouragement pour que JED continue son travail face à des défis encore nombreux », a-t-il déclaré.
La consolidation de la liberté de la presse demeure selon lui un chantier prioritaire, nécessitant l’appui continu du gouvernement : « Pour affronter les défis du futur, nous aurons encore besoin de l’accompagnement du ministre ».
Au cours de l’échange, JED a salué la disponibilité du ministre Muyaya à soutenir les initiatives de renforcement du secteur médiatique congolais, dans un contexte marqué par une volonté de normalisation politique et sécuritaire.
« Nous entrons dans une nouvelle phase, celle de la paix. Les médias devront accompagner les processus en cours pour restaurer la sécurité et l’autorité de l’État. Pour cela, nous avons besoin d’un environnement médiatique capable de diffuser des informations qui rassemblent, apaisent et n’attisent pas les tensions », a souligné Tshivuadi.
Face à certaines interprétations jugées erronées du rapport annuel, le président de JED a rappelé que le document se concentre principalement sur la partie orientale du pays, où les journalistes paient un lourd tribut.
« 80 % des attaques enregistrées visent les zones sous contrôle des groupes armés », a-t-il affirmé.
Selon lui, la majorité des assassinats de journalistes survient également dans cette région marquée par une insécurité chronique : « Le plus grand défi pour la paix et la sécurité des journalistes reste la situation à l’Est ».
Malgré des ressources limitées, JED affirme maintenir son engagement depuis 27 ans, grâce notamment à des financements majoritairement étrangers. Une situation que Tshivis Tshivuadi estime désormais nécessaire de rééquilibrer.
« Nous avons résisté, mais il est temps que la reconnaissance vienne aussi de l’intérieur. Nous faisons ce travail pour le Congo et pour les journalistes congolais. Il est temps que cette mission soit reconnue et soutenue par les autorités nationales », a-t-il plaidé.
Willyeve Diakuantinu.


