
Kinshasa, 13 Novembre 2025 ( TOP243NEWS ).-En présence du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Conseil d’État a tenu ce jeudi, dans la salle de Congrès du Palais du Peuple, son audience solennelle de rentrée judiciaire 2025-2026. Cet événement, conforme aux dispositions légales, a marqué le lancement officiel des activités de la plus haute juridiction administrative du pays.
Trois prises de parole majeures ont ponctué cette cérémonie solennelle, chacune mettant en lumière les défis et perspectives de la justice administrative congolaise.
En ouverture, le Bâtonnier national a formulé un vibrant plaidoyer en faveur d’une justice administrative gratuite, particulièrement dans les cas où l’administration publique est elle-même mise en cause.
Il a cité, à titre d’exemple, les contentieux liés à la démolition des constructions anarchiques ou encore à l’expropriation pour cause d’utilité publique, estimant que les citoyens ne devraient pas supporter les frais de procédure lorsqu’ils s’opposent à une décision administrative de l’État.
« La justice doit demeurer un service public accessible à tous, surtout lorsque c’est l’État qui est partie au litige », a-t-il souligné.
Prenant la parole à son tour, le Procureur général près le Conseil d’État, M. Jean Paul Mukolo Nkokesha, a consacré sa mercuriale à la question des référés dans le contentieux administratif.
Il a dénoncé l’usage abusif et parfois détourné de cette procédure d’urgence, appelant à une meilleure régulation et à des mécanismes de filtrage rigoureux pour en garantir la crédibilité et la pertinence.
Dernière à intervenir, Madame Brigitte Nsensele wa Nsensele, Première Présidente du Conseil d’État, a centré son allocution sur le recours administratif préalable et la nécessité d’un meilleur encadrement des pratiques administratives.
Elle a insisté sur la mise en place d’une administration judiciaire moderne, performante et équitable, capable de réduire les abus souvent décriés dans le fonctionnement de la justice administrative.
Madame Nsensele a également remercié le Chef de l’État pour la confiance placée en elle, rappelant que Félix Tshisekedi est le premier Président congolais à nommer une femme à la tête du Conseil d’État, un geste symbolique fort en faveur de la promotion du genre au sein des institutions.
Créé par ordonnance présidentielle, le Conseil d’État représente le sommet de l’ordre administratif en République Démocratique du Congo.
Composé de neuf membres, il a pour missions de juger les contentieux administratifs, donner des avis juridiques au Gouvernement et au Parlement, et superviser 42 tribunaux administratifs ainsi que 9 cours administratives d’appel répartis sur l’ensemble du territoire national.
Cette rentrée judiciaire s’inscrit dans une dynamique de réformes profondes visant à rapprocher la justice administrative des citoyens et à renforcer l’État de droit.
En assistant personnellement à cette audience solennelle, le Président Tshisekedi a ainsi réaffirmé son engagement pour une justice indépendante, équitable et efficace, au service du peuple congolais.
Willyeve Diakuantinu.
