
Bruxelles, 9 Octobre 2025 ( TOP243NEWS ).- Le Global Gateway Forum, sommet international organisé par l’Union européenne à Bruxelles, a été le théâtre d’un échange tendu entre les deux présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Tous deux sont intervenus lors de l’événement, qui se tient du 9 au 10 octobre, sur le thème de la coopération mondiale axée sur les infrastructures, la connectivité, l’énergie et le développement durable.
Félix Tshisekedi a profité de la tribune pour appeler Paul Kagame à exiger de l’AFC/M23 l’arrêt de l’escalade des violences dans l’Est de la RDC. Le Président congolais a proposé une démarche de paix afin de mettre fin aux hostilités persistantes.
De son côté, le Rwanda, à travers ses autorités, a rejeté la démarche de Tshisekedi, l’accusant d’entraver l’application des accords déjà existants. Un ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a été cité déclarant que Tshisekedi “fait de la comédie et raconte des conneries”.
Quelques heures après l’intervention de Tshisekedi, Paul Kagame a publié un message sur ses comptes officiels dans lequel il a détourné l’attention des accusations. Il écrit : « Si quelqu’un fait tout un problème du bruit d’un tambour vide, il a aussi un problème. Mieux vaut l’ignorer ou s’en éloigner. » Cette phrase est interprétée par des observateurs comme une pique subtile, mais claire, envers le président congolais, perçue comme une réponse au ton employé par Tshisekedi.
Cette confrontation souligne plusieurs enjeux cruciaux dont la sécurité dans l’Est de la RDC en ce sens que les mouvements rebelles, notamment le M23/AFC, restent une crise majeure pour la stabilité régionale. Les demandes de désarmement ou retrait de ces groupes reviennent souvent dans les discours diplomatiques, mais leur mise en œuvre concrète reste complexe.
Il s’agit aussi de la diplomatie publique , où les deux présidents utilisent les forums internationaux non seulement pour discuter d’infrastructures ou de développement, mais aussi pour adresser des messages politiques forts à l’attention de l’autre partie et de la communauté internationale.
Sans oublier la Crédibilité des accords préexistants en ce sens que le Rwanda insiste sur le respect des accords déjà signés, tandis que la RDC semble estimer que ces accords ne suffisent pas ou ne sont pas appliqués de manière satisfaisante.
La communauté internationale, en particulier l’Union européenne qui organise le forum, pourrait jouer un rôle de médiateur ou de catalyseur pour pousser vers une désescalade.
Quant aux populations de l’Est de la RDC, elles attendent avant tout des actions concrètes pour améliorer la sécurité et la paix sur le terrain, au-delà des prises de parole.
Willyeve Diakuantinu.